
«J’ai eu envie d’écrire des lettres à des personnes que j’aime ou que j’ai aimées. Très vite, ces missives sont devenues des lettres d’excuses. Je dois des excuses à la politique, à la vie, et même au soleil. J’y fais se succéder avec irrévérence le tragique et le burlesque, ce qui est depuis toujours mon terrain de jeux préféré».
Patrick Chesnais se livre à un singulier exercice de confessions, mêlant l’humour à la sincérité, l’intime au spectaculaire.
Un face à face unique entre lui, sa vie et nous !
Imaginez que vous écriviez aux arbres, à la mer, au soleil, il faudrait être poète ou poétesse et c’est au risque de passer pour cinglé.e.
Patrick CHESNAIS est un peu cinglé, il écrit aussi bien à ses proches, fils, mère qu’au soleil ou à la mort cette grande faucheuse.
Sans doute ses missives sont décrites comme des lettres d’excuses parce que les destinataires ne sont pas censés y répondre. Mais qui sait?
Il y a un doute et c’est ce doute fabuleux qui vaut à Patrick CHESNAIS d’être sur scène tel un funambule sur le fil.
Le public suspendu à ce fil à la fois tendre, lumineux, et hardi parce que ce comédien n’a pas l’humour dans sa poche, sort du spectacle le sourire aux lèvres, reconnaissant que l’exercice des excuses– pardon, s’il vous plaît, je vous en prie – a cela de réjouissant d’augurer le lèvement de pattes des sujets les plus tabous ou délicats, comme la mort, l’Ehpad ou plus risible, cette envie malencontreuse de se soulager au cours d’un spectacle illuminé par une star – la honte! –
J’avais adoré Patrick CHESNAIS dans le filmLa lectrice– Dans ce seul en scène, je retrouve le même comédien à la fois drôle et si humain!
Enfin des lettres d’excuses qui ne se prennent pas au sérieux, c’est providentiel de nos jours!
Article mis à jour le 14 Mai 206
Evelyne Trân