HEDDA de Sigrid Carré-Lecoindre -Mise en scène et interprétation Lena Paugam – Mardi 3 novembre 2020 à la Scène nationale de l’Essonne, Agora – Desnos à Evry (91) –

Tournée

Mardi 3 novembre 2020 Scène nationale de l’Essonne – Evry (91)
Dimanche 7 mars 2021 Théâtre d’Etampes (91)
Vendredi 2 avril 2021 Théâtre Le Rayon vert – St-Valery-en-Caux (76)
Du 6 au 8 avril 2021 Théâtre de Verdun (55)

Texte Sigrid Carré-Lecoindre
Mise en scène et interprétation Lena Paugam
Dramaturgie Sigrid Carré-Lecoindre, Lucas Lelièvre, Lena Paugam
Création sonore Lucas Lelièvre
Chorégraphie Bastien Lefèvre
Scénographie Juliette Azémar
Création Lumières Jennifer Montesantos
Production Théâtre de Belleville et la Compagnie Alexandre
Coproductions La Passerelle – scène nationale de Saint-Brieuc, Théâtre du Champ-au-Roy (Guingamp),
Quai des Rêves (Lamballe), Théâtre de La Paillette (Rennes)
Accompagnement et diffusion CPPC – Rennes
Soutien Spectacle Vivant en Bretagne, SPEDIDAM, L’Aire Libre (St-Jacques de la Lande)

Voix ou voie intérieure mise à nu sans d’autre réceptacle que la douleur, ce serait méchant de dire que le personnage d’Hedda cultive la douleur. Mais il y a des terrains, des huis clos, ceux qu’entretiennent des couples qui favorisent les poussées de fièvre quand l’intimité ou la fusion entre deux personnes dégénère en hostilité, faute de respiration, faute de pouvoir aller voir ailleurs.

Au-delà de la dénonciation des violences conjugales, la pièce de Sigrid Carré-Lecoindre parle de l’incommunicabilité entre les êtres, des rapports de domination affectifs qui finissent par créer de tels nœuds qu’à la fin même si cela ne casse pas, le foyer de souffrance qui s’est installé envenime les relations.

Le personnage d’Hedda, timide, qui intériorise aussi bien le bonheur que la cruauté de la vie d’un couple interpellera nombre de femmes mais aussi des hommes. Ce n’est pas une question de sexe. Ceux qui ne peuvent répondre à la violence par la violence sont-ils condamnés au silence ?

Il s’agit d’un témoignage de femme inspiré d’Hedda Nussbaum, accusée par son mari d’avoir tué sa fille adoptive et dont le procès fit scandale aux Etats Unis dans les années 80. Ses défenseurs la présentèrent comme victime de violences physiques et psychologiques exercées sur elle par son mari. Elle a écrit en 2005 un livre Surviving Intimate Terrorism.

Alors que personne ne crie dans cette pièce, que nous ne voyons pas les coups portés par l’époux sur sa femme, les spectateurs sont amenés à se demander comment Hedda et l’homme qu’elle aime en sont arrivés à ce point de non-retour.

La présence de l’interprète et metteure en scène Lena Paugam séduit par sa finesse, sa délicatesse. Sa voix se fraie un chemin non pas dans les buissons ardents mais à travers les obscurités lumineuses de sa perception. Elle retentit sans bruit pour exprimer les émotions douloureuses, ces bleus à l’âme qui condamnent sans appel la violence d’où qu’elle vienne.

Eze, le 14 Octobre 2020

Evelyne Trân

Article précédemment publié dans LE MONDE LIBERTAIRE en ligne

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Double_visite_du_brigadier

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s