LES CARNETS DE HARRY HALLER Extrait du roman Le Loup des Steppes de Hermann Hesse au Théâtre du Roi René – 12 Rue Edouard Lockroy 75011 PARIS jusqu’au 7 Mars 2020 – Jeudi, vendredi, samedi à 19 H 30 –

ROI RENEMise en scène : Jean-Christophe Barbaud

Interprétation : Frédéric Schmitt 

Frédéric Schmitt était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio libertaire 89.4, le samedi 15 Février 2020 en podcast sur le site de radio libertaire.  

Le Loup des steppes a élu domicile au Théâtre du Roi René qui se niche humblement dans la cour d’un immeuble au cœur du 11ème arrondissement de Paris. Vous pouvez bien sourire, ce loup-là existe bel et bien et pour vous en convaincre, nous vous invitons à pénétrer dans sa tanière, celle-là même où il gémit au jour le jour avant de sortir la nuit, se fondant dans l’obscurité, sans que personne ne soupçonne son existence.

 C’est à un écrivain allemand Hermann Hesse que nous devons sa découverte et la révélation de ses carnets intimes dans « une obscurité lumineuse » mise en scène par Jean-Christophe Barbaud.

 Curieuse mission que celle de lire à haute voix les élucubrations d’un pauvre type qui ne sait plus où il en est, qui ne comprend pas le monde qui l’attend dehors, bien qu’il soit prémuni, semble-t-il, par quelque existence antérieure et qu’il porte en lui quelques codes pour appréhender ce monde qui de toute évidence l’insupporte.

 Il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’une lecture. Simplement, en nous projetant sur l’intimité du propos, nous retrouvons l’étrange émotion de celui qui entend lire par un autre, un instituteur par exemple, une composition personnelle.

 Englué dans la solitude, ce sentiment désespérant de n’exister pour personne, un homme, un dénommé Harry Haller découvre qu’il est habité par un loup d’une vitalité étonnante qui annonce d’emblée la couleur en ces termes : « Je sens brûler en moi un désir sauvage d’éprouver des sentiments intenses, des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose »

 Du gite devenu trop étroit au monde de la rue, il n’y a qu’un pas et il faut tenir debout, oui, avec en tête ces grandes échasses qui allongent l’ombre du petit homme jusqu’à lui permettre d’atteindre, un peu comme Alice au pays de merveilles, ce qui remue derrière les portes muettes et aseptisées de ce monde « moderne » aussi factice qu’un décorum en carton-pâte envahi par les panneaux publicitaires.

 Nous sommes en 1927 mais aussi en 2020. Le loup des steppes ne fait pas partie de ces espèces en voie de disparition, il continue à arpenter les rues, c‘est un récolteur de sensations. Il a bien compris que grâce à des pauvres types comme Harry Haller, les ruelles de la nuit peuvent retrouver un visage humain.

 Le loup des steppes à une pêche à revendre, il est lumineusement incarné par Frédéric Schmitt, qui célèbre en quelque sorte ces petites épopées intérieures, ce trousseau de clés personnelles qu’il importe de faire tinter dans la rue en tant que citoyen du monde.

Paris, le 15 Février 2020          Evelyne Trân

 

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