MATIN ET SOIR d’après Jon Fosse, mise en scène Antoine Caubet – Au théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie de Vincennes Route du champ de manœuvre 75012 Paris / 01 43 74 72 74 du 5 au 24 février 2019 – Du mardi au samedi à 20h – le dimanche à 16h

traduction de Terje Sinding (Editions Circé)
adaptation, scénographie et mise en scène Antoine Caubet

assistante Marlène Durantau
lumière Antoine Caubet & Romain Le Gall Brachet
son Valérie Bajcsa
costumes Cidalia Dacosta
maquillages & perruque Magali Ohlman
photographie Hervé Bellamy
construction des décors Éric den Hartog et Antonio Rodriguez
régie générale Romain Le Gall Brachet
violoncelle, composition & interprétation Vincent Courtois

avec
Marie Ripoll > Signe, fille de Johannes
Pierre Baux > Johannes
Antoine Caubet > Peter, ami de Johannes

 

Entrer dans l’écriture d’un écrivain voyageur comme on entre dans un tableau tel est l’itinéraire auquel nous convie le spectacle Matin et soir adapté du roman éponyme du dramaturge norvégien  Jon FOSSE, mis en scène par Antoine CAUBET.

 Il s’agit à notre sens essentiellement d’une rêverie poétique qui prolonge une intuition miraculeuse, celle qu’après tout peu de chose sépare l’événement de la naissance de celui de la mort.

 Ce peu de chose, Jon Fosse, l’appréhende avec le personnage de Johannes dont l’esprit flotte porté par une myriade de sensations.   

 Les yeux sont mis clos qui traversent la rive qui mène à la vie ou la mort. Cette rive nous pourrions la nommer rêve, elle est indéfinissable et pourtant fait partie de ce qui surprend le regard de celui qui se réveille un matin avec la sensation d’être neuf, avec juste l’envie de se suspendre au bonheur d’avoir été surpris par le jour.

 Imaginons que le héros du roman se réveille pour entrer dans la mort. Ne serait-il pas un somnambule, pourquoi ferait-il la différence entre la vie et la mort. Ce sont les autres qui parlent de mort.

 Ne sommes-nous pas en train d’assister à une tombée de la nuit. L’expérience est souveraine. C’est qu’elle tombe si lentement la nuit pour qui l’observe passionnément.

 N’a t-elle pas emporté un peu de soi cette tombée de la nuit ?  Un soi nuage qui avancerait aimanté par d’autres nuages ou des êtres qui entendraient se rappeler à notre souvenir, comme par écho.

 Le personnage de Johannes, ce vieux pêcheur, interprété de façon poignante par Pierre BAUX au corps très expressif, éprouve comme venant d’un autre lui-même les pensées qui le traversent. Goutte à goutte de sensations, sorte de journal intime de toute une vie que l’on devine plutôt harmonieuse dominée par un esprit profondément paisible.

 Respirations, hésitations, soupirs, étonnements d’un être porté par une réelle aspiration à la lumière, une sérénité que lui suggère sa soudaine légèreté.

 Matin et soir est une proposition exigeante et sans artifices du metteur en scène où tout ce que secrète l’écriture de Jon Fosse, nous parvient comme un ruissellement magique d’une pensée qui ne fait plus la différence entre le réel et l’imaginaire, entre le passé et le présent, qui s’exprime tout simplement.

 L’ambiance du spectacle incite à la méditation, à la contemplation, comme si nous nous trouvions face à un tableau original, un peu austère dont le personnage principal Johannes avance vers les spectateurs, pour nous conter sa vie, telle qu’elle vibre au son du violoncelle, telle qu’elle transparaît de l’aube au crépuscule.

 Paris, le 14 Février 2019

 Evelyne Trân

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