AU DELA DES MÈRES – Solo théâtral et philosophique de Michelle Brûlé le 20 Avril à la Maison des Métallos – 94, rue Jean-Pierre Timbaud PARIS – Puis au Festival d’Avignon du 6 au 29 Juillet à 14 H 20 au Théâtre AU BOUT LA BAS –

Ecrit par Michelle Brûlé

Mis en scène par Chantal Deruaz

Interprété par Michelle Brûlé

Collaboration artistique : Denis Malbos

Lumières : Stéphane Deschamps

Un cordon ombilical les relie toutes, fille, mère, grand-mère etc…

 Et puis ce cordon devient une idée, une immense canne à pêche suspendue au-dessus d’une mare à histoires.

 Celle qui parle est une sorcière, une magicienne, une voyante. Elle a cent ans et elle est grosse, grosse c’est-à-dire enceinte. S’avise-t-elle de parler au nom de toutes les femmes ?

 Simone de Beauvoir avait peut -être oublié ce plaisir d’enfiler des perles, fille, mère, grand-mère… Pourquoi naitre femme ne serait-il pas un bonheur ?

 Une femme accouche d’une femme et ainsi de suite. Elle n’est jamais la même, voilà qui est fantastique.  Dans sa boule de cristal, la sorcière fait de l’échographie, elle devient sourcière, elle philosophe à bâtons rompus toujours chevillée au sentiment qu’elle va mettre au monde un enfant.

 Cela la travaille tellement qu’elle fait tomber le masque. Cela signifie qu’elle a accouché d’elle-même et qu’elle va devoir s’assumer à visage ouvert, pour elle-même, pour les autres et notamment sa fille.

 En soi c’est un exploit ! Car elle n’a pas oublié combien de femmes se sont penchées au bord de son nombril, cicatrice géante d’une lignée bordée de secrets de famille, d’oublis.

 La sorcière vient d’accoucher d’une mère qui s’inquiète pour sa fille :

 « Et moi qui n’en ai jamais parlé à ma fille, elle va devoir vivre avec ce secret de famille, cette faute d’ancêtre, toute sa vie elle va rater ses études, sa vie amoureuse …Puis transférer sur ses propres enfants le manque et la culpabilité et ainsi de suite de générations en générations jusqu’à la fin des temps … Vite vite il faut briser cette chaine infernale il faut absolument que je lui parle« 

 Sa fille lui répond qu’elle est une jolie fleur indépendante. Elle a coupé le cordon ombilical au grand désarroi de sa mère.  Les perles du collier de mémoire se sont répandues, éparpillées dans la nuit des temps. Faut-il que l’actrice rêve encore d’entrer dans la ronde des filles, mères, grand-mères et arrière grand-mères.

 Sûrement, sans elles, il n’y aurait pas d’histoires, pas de chimères, ni d’éventail pour se rafraichir le visage.

 Un éventail à plusieurs voix qui grise avec humour et délicatesse, l’actrice et auteure  Michelle Brûlé, bouleversante !

 Paris, le 24 Avril 2018

Evelyne Trân

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s