DEPENDANCES de Charif Ghattas – Mise en scène de Charif Ghattas – Au studio HEBERTOT – 78 bis Boulevard des Batignolles 75017 Paris – DU 19 AU 29 AVRIL 2018 – Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h –

 

Avec Francis Lombrail et ‎Thibault de Montalembert

Ils se toisent sans se comprendre et pourtant ils sont frères. L’un affiche sa dégaine d’entrepreneur battant qui sait mouiller sa chemise, l’autre plus frêle a la mine du bourgeois frileux, toujours sur ses gardes. En résumé l’un est extraverti, l’autre plutôt introverti.

 Une affaire de succession les réunit dans le vieil appartement qu’ils ont quitté une vingtaine d’années auparavant. Ils attendent le 3ème frère Carl qui est en retard.

 Cette 3ème personne absente est à l’évidence au centre de la pièce. Parler d’elle, permet paradoxalement aux frères de meubler le vide qui les sépare.

 Faire face au vide et comment ? Les frères n’ont pas grand-chose à se dire, viscéralement étrangers l’un à l’autre, ils ont pourtant quelque chose en commun, une histoire d’enfance qui les dévisage d’une certaine façon à travers les murs de cet appartement.

 L’attente de ce frère qui ne viendra pas, représente le temps qu’il faudra aux deux protagonistes pour se retrouver à travers un sentiment de fraternité refoulé mais réel.

 Pour saisir ce sentiment de fraternité, l’auteur opère une suspension de temps que seule la situation de l’attente peut créer.

 Les deux frères Tobias et Henri se disputent pour des peccadilles. L’un fume, l’autre a décidé d’arrêter. Or ce qui apparaît comme une peccadille est déjà révélateur du choix de vie de chacun d’eux, de leur différence caractérielle.  

 Le dialogue entre les personnages se déploie comme une toile apparemment vide mais rapidement investie par leurs nerfs dont les terminaisons vont se rapprocher   progressivement, lentement, jusqu’’à produire l’étincelle.

 Ce huis clos entre deux frères entend ouvrir une page, celle qui est occultée par la vie courante, elle fait signe tel un vieux mouchoir de l’enfance incrusté de morve, qui vu de loin bien sûr ne forme qu’une tache blanche, mais de près peut exhaler des souvenirs aussi inestimables  que terribles.

 Confrontés au vide, à la mort, puisqu’en face du logement, il y a la mère au cimetière, Tobias et Henri prennent conscience que l’essentiel de leur existence, le plus précieux, c’est probablement l’amour fraternel qui les unit quoiqu’ils disent, quoiqu’ils fassent.

 Il s’agit d’une partition de haut vol que le talent des deux interprètes avec Francis Lombrail et ‎Thibault de Montalembert met particulièrement en valeur. Ils sont remarquables !

 Paris, le 26 Avril 2018

 Evelyne Trân

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