LE VIVIER DES NOMS THÉÂTRE | VALÈRE NOVARINA AU THEATRE 71 – SCENE NATIONALE DE MALAKOFF – 3, Place du 11 Novembre, 92240 Malakoff – MERCREDI 18 JANVIER au JEUDI 26 JANVIER 2017 –

 

vivier-des-noms
mercredi, jeudi et samedi à 19h30
mardi, vendredi à 20h30
dimanche à 16h

TOURNÉE 2016 > 2017
14 > 16 novembre 2016 TNP à Villeurbanne | 04 78 03 30 00
9 & 10 janvier 2017 Grand R, Scène Nationale de La Roche-sur-Yon | 02 51 47 83 83
18 > 26 janvier 2017 Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff | 01 55 48 91 00
2 & 3 février 2017 l’Hexagone, Scène Nationale de Meylan | 04 76 90 00 45

texte, mise en scène et peintures Valère Novarina (éditions P.O.L, 2015) | avec Ivan Hérisson, Julie Kpéré, René Turquois, Dominique Parent, Claire Sermonne, Agnès Sourdillon, Nicolas Struve, Valérie Vinci, un musicien sur scène Christian Paccoud et les ouvriers du drame Elie Hourbeigt, Richard Pierre | collaboration artistique Céline Schaeffer | musique Christian Paccoud | scénographie Philippe Marioge | costumes Karine Vintache maquillage Carole Anquetil | réalisation des accessoires Jean-Paul Dewynter dramaturgie Roséliane Goldstein, Adélaïde Pralon | assistante de l’auteur Sidonie Han | lectrice Isabelle Babin | régie générale Richard Pierre
régie plateau Elie Hourbeigt | régie lumière Marine Deballon | poursuite Julie Barnoin | assistante à la mise en scène stagiaire Pauline Clermidy | assistante costumes Marion Xardel | production/diffusion Séverine Péan / PLATÔ

 

Songez que le silence précédera toujours la parole ! Au théâtre le silence juste avant la représentation, plus il paraît long, plus il est gage de l’événement « Quelqu’un vient de percer le silence» Et cette personne pourra dire ce qu’elle veut, voire n’importe quoi, nous boirons ses paroles avec avidité.

Imaginez une tour de Babel de noms qui clignoteraient autour de la Tour Eiffel, comme certains s’affichent très célèbres sur les niches de l’Opéra Garnier ou encore sur les tombes du Père Lachaise. De la célèbrité à l’oubli il n’y a qu’un pas, hélas ! Et pourtant devenus inconnus, ces noms peuvent faire rêver.

Tout cela prête au délire car quelle déception lorsque sur une tombe, nous ne voyons plus aucun nom. Une grosse voix anonyme nous incline à nous pencher sur la pierre grignotée par le vent, la pollution, le soleil et soudain cataclysme, dérangement, une horde de noms surgit d’un courant d’air, ils sont des milliers à s’annoncer, ils sortent de la bouche de l’Historienne de service, ils s’incarnent, ils s’habillent de mots évidemment, ils viennent chanter sous nos oreilles comment le corps frémit, tremble, s’émeut, s’éprouve dans le vivier des noms, celui qu’explore depuis de longues années, ce grand sorcier Valère NOVARINA.

Il faut se jeter dans ce vivier des noms, comédiens, spectateurs compris, faute de quoi, vous resteriez en dehors, et vous ne vivrez pas cette élucubrante expérience d’être submergés par des mots qui lèchent vos chevilles, grignotent vos orteils, agacent votre mémoire, soulèvent votre estomac.Ils sont aussi mouvants que des vers de terre, les mots, vivants, exténuants, impossibles.

Valère NOVARINA invente des mots non pas pour se faire plaisir, quoique, mais parce que l’exercice de la profération l’exige. Disons que les mots se transforment, qu’ils jouissent au moment même où ils sont proférés.

Les mots, ceux que nous utilisons tous les jours, fourbus de références, de conventions, bon gré ou malgré eux accrochés à la grammaire, peuvent-ils se recycler, créer l’étincelle en se frottant les uns aux autres, en se culbutant, poussés par cet étrange animal, l’homme, son garde-manger, son garde-frontières, son survivant ?

Démoniaque question ! «Chacun de nous se change en animal prophétique parce qu’il se souvient » nous dit Valère NOVARINA. Cette mémoire prophétique est à l’œuvre certainement dans ce spectacle, grâce aux comédiens rompus aux bals masqués de Valère NOVARINA, mais dans ce vivier, les noms se cachent pour mieux sourire, grimper au-dessus des oubliettes, rire comme une souris verte qui courait dans l’herbe.

Le bonheur de peindre avec des noms comme un cheval est capable de peindre avec sa queue un magnifique tableau ! L’arbre et son ombre aussi sont spectateurs de toute espèce de créatures notamment les humains, hors décor, hormis quelques toiles de Valère lui même, seuls paroliers de la nature faite homme.

Que les goûteurs de mots se fassent plaisir, ce spectacle est pour eux, il intriguera ceux qui préfèrent grimper aux arbres, il éblouira les sportifs de la langue qui possèdent l’art de l’apostrophe intra et extra-terrestre !

Paris, le 22 Janvier 2017                        Évelyne Trân

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