LES GRANDES EAUX d’Anna NOZIERE au TNBA – Théâtre du Port de la Lune Place Renaudel à BORDEAUX du 11 au 15 Octobre 2016

anna

Avec : Fabrice Gaillard, Sofia Hisborn, Martial Jacques, Kristel Largis-Diaz, Ana-Karina Lombardi,Diane Regneault, Flore Taguiev

Quand la mort vous fait un pied de nez, arrive par surprise. Oui c’est trop bête, s’étouffer en mangeant une paupiette de veau ! La mort est un puissant moteur émotionnel notamment au théâtre, au cinéma, en littérature etc. Dans la comédie d’Anna Nozière, dotée d’une distribution dynamique, l’impression première est que la mort de Patrick sème la pagaille autour de lui, dégonfle le cercle familial, le fait exploser. De fait ce n’est pas tant le mort qui importe mais le fait qu’à cause de lui, plus rien ne sera comme avant.

Anna Nozière met à nu les réactions les plus primaires de façon instinctive et très réaliste. La mort en soi est un événement irrationnel qui dépasse l’imagination. Il n’ y a rien à faire et pourtant … Le rituel de résurrection auquel se prêtent les femmes de Patrick qui l’aspergent du sang d’un pigeon, la tranche de steak prévue ayant été cuite, n’est pas si éloigné des rituels que nous imposent les conventions pour mieux maîtriser les émotions. La mort c’est une affaire de tempérament, de culture. Nos sociétés abordent l’événement de façon hybride, brassant aussi bien les enjeux commerciaux, culturels que psychologiques. C’est du délire ! Ce qui nous apparaît grotesque ou burlesque dans le rituel de résurrection, c’est probablement l’aplomb d’Anna Nozière de montrer comment des femmes se réapproprient ce délire de façon maladroite évidemment mais sincère.

De fait, l’événement qui s’exprime de façon grossière et ridicule, est une montagne qui camoufle une émotion certainement plus secrète et intime. Les femmes crient, se disputent, s’affairent autour du mort pour fuir leur douleur. Le déni est total. Du coup c’est le mort qui a la charge de rappeler que le silence peut être d’or parfois, qu’il est une réponse pour les âmes qui aspirent au repos.

Une montagne qui accoucherait d’une souris ? Dans l’écriture d’Anna Zonière, elle circule naïvement et alerte.Elle a des vapeurs d’enfance. Une souris bien vivante qui se moque du cercueil enluminé des vitrines des pompes funèbres pour en faire un meuble original, un décor de théâtre de la vie !

Paris, le 18 Octobre 2016                        Evelyne Trân

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