Pour me rendre à mon bureau de Jean BOYER – Interprétation au banjo par Michel TOURTE –

sans-titre

La chanson « Pour me rendre à mon bureau » de Jean Boyer (paroles et musique) fut tout d’abord interprétée par Georges Tabet. Georges Brassens l’a interprétée beaucoup plus tard lorsqu’il a enregistré un disque consacré aux chansons qui l’influencèrent dans sa jeunesse.

Pour me rendre à mon bureau, j’avais acheté une auto

Une jolie traction avant qui filait comme le vent.

C’était en Juillet 39, je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois d’avoir une voiture à moi.

Mais vint septembre, et je pars pour la guerre.

Huit mois plus tard, en revenant

Réquisition de ma onze chevaux légère

Streng verboten provisoirement.

 

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète une moto

Un joli vélomoteur faisant du quarante à l’heure.

A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.

Elle ne consommait presque pas d’essence

Mais presque pas c’est encore trop.

Voilà qu’on me retire ma licence

J’ai dû revendre ma moto.

  

Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo

Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.

Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.

J’en ai eu coup sur coup une douzaine

On m’les volait périodiquement.

Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën

Je fus ruiné très rapidement.

 

Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro

Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.

Alma, Iéna et Marboeuf je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.

Hélas par économie de lumière

On a fermé bien des stations.

Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière

Qu’on supprima sans rémission.

 

Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots

Et j’ai fait quatre fois par jour l’trajet à pied aller-retour.

Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un bœuf,

Fier de souffrir de mes cors pour un si joli décor.

Hélas, bientôt, je n’aurai plus d’godasses,

Le cordonnier ne r’ssemelle plus.

Mais en homme prudent et perspicace

Pour l’avenir j’ai tout prévu.

 

Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains

J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus d’chaussures.

J’verrai l’monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.

Je n’y perdrai rien par surcroît :

Il n’est pas drôle à l’endroit.

Pour peux que sur le trottoir j’ai la chance

De mettre la main en plein dedans

En plein dedans de la chose que je pense

Je serai l’homme la plus contant.

 

Ca me portera bonheur, ça me donnera du cœur

Pour attendre patiemment ma prochaine traction avant.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s