« The Nature and Purpose of the Universe », une pièce de Christopher Durang, mise en scène par David Torres, par la Cie. LA MAISON EN PAPIER au Théâtre de la Reine Blanche – 2 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS – jusqu’au 13 Décembre 2015 – Tous les mercredis à 19 Heures et les dimanches à 15 Heures –

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Une pièce de Christophe Durang

Mise en scène de David Torres.

Avec Pascale Caemerbeke, Diane Dormet, Paul Feat-King, Pierre Izambert, Emmanuel Grospaud, Eric Rolland, Antoine Villard.

Il devait avoir un coup de sang, ce jour où Christopher DURANG, un jeune auteur, décida de s’attaquer par la plume à la sacro sainte famille américaine puritaine des années soixante dix. Coup de sang suite à l’indignation qui le submergea lorsqu’il apprit que sa charmante voisine très religieuse avait été violée par son mari.

Le destin tragique de cette voisine lui inspire donc l’histoire d’Eleanor Mann, engluée dans un quotidien sinistre où ses hommes, ces fils et son mari ne cessent de l’humilier de façon brutale et abjecte. Elle n’a pas d’autre échappatoire que son aspirateur et quelques rêves de bluette puisque abrutie par le malheur elle croit voir dans un représentant de commerce, un prince charmant.

Quand la religion vous cloue le bec en vous parlant de péché, d’un monde meilleur dans l’au delà, de sacrifice, de miséricorde de Dieu, elle devient complice selon Christopher DURANG de toutes les exactions possibles . Le bon Dieu a bon dos et la pauvre Eleanor et sa famille peuvent bien porter le chapeau des misères de ce bas monde. Quelques anges veillent sur eux sous différentes apparences, parfois même diaboliques. N’oublions pas que Lucifer était un ange.

Des scènes de vie familiales atroces par leur banalité côtoient des scènes fumeuses, grotesques, sidérantes comme cet épisode où l’on assiste à la tentative de coup d’état contre Paul IV par une nonne radicale qui se prend pour une papesse.

David TORRES maîtrise ce maelstrom exubérant, pathétique, en alternant scènes muettes et scènes flash . Le résultat est assez cocasse. On pourrait croire assister à des scènes de feuilleton familial télévisuel, court-circuité par des publicités religieuses mensongères.

Cela donne à penser que les protagonistes de cette satire cruelle ne sont pas sortis de leur écran total, celui d’une religion obscurantiste, celui du machisme devenu à ce point une banalité qu’il colle à la peau de la pauvre Eleanor laquelle à bout de forces finira par comprendre qu’elle n’a rien à attendre de la miséricorde de Dieu.

Voila une pièce fort virulente, décapante qui donne envie de découvrir cet auteur dont l’œuvre s’inscrit dans une « culture gay militante ». Il se trouve que dans cette pièce l’un des enfants est homosexuel, ce qui bien entendu affecte l’image de cette bonne famille américaine !

Une vilaine farce qui hélas ne sent pas le réchauffé mais tout de même il s’agit d’une sacrée tarte à la crème susceptible d’éclabousser ou de réjouir selon l’estomac, les spectateurs.

Reconnaissons que la Cie LA MAISON EN PAPIER, très inspirée, met tout en œuvre pour les satisfaire .

Paris, le 29 Novembre 2015                           Evelyne Trân

 

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