Mères sans chatte écrit en 2007 et A (II) Rh+ en 2011 de Nicoleta Esinencu par la Compagnie de Briques et de Craie.Traduction française de Mirella Patureau au TRITON – 11 Bis Rue du Coq Français, 93260 Lilas (Les) les 30 et 31 Octobre 2015 à 20 HEURES – SALLE 2 –

sans-titre

Mise en scène et interprétation

CAMILLE HAZARD et SEBASTIEN PEYRUCQ

Quelles nouvelles de la MOLDAVIE ? Connaissez vous ce petit pays d’Europe orientale, situé entre la  Roumanie et l’Ukraine, longtemps sous la domination du régime soviétique , qui proclama son indépendance en 1991 ?

Nicoleta ESINENCU, une jeune auteure Moldave, se fait l’interprète des tensions qui règnent dans ce pays dans les deux monologues Mères sans chatte et A (II) RH+, mis en scène par Camille HAZARD,

Dans Mères sans chatte, une jeune fille devenue la caisse de résonance, bien malgré elle, de son environnement familial, laisse jaillir toutes les phrases que lui ont assenées sa mère, sa tante, sa grand mère comme autant de coups de marteau destinés à lui enfoncer dans le crâne des règles de bonne conduite. En réalité, ces phrases « ordinaires » trahissent l’énervement, le stress quotidien infernal de ses proches, la misère matérielle et morale. Mais ces paroles sont comme des vipères, elles continuent à circuler dans la cerveau de la jeune fille qui les récite pour les exorciser.

Dans A (II) RH+, la parole est donnée à un père de famille englué aussi dans la misère jusqu’au cou, qui évacue sa haine, sa rancœur, en récriminant contre les étrangers. Il propose même d’instaurer des journées de haine contre les tziganes, les hongrois, les américains etc. Toute la semaine ne peut y passer. Ces propos sont odieux, infects mais comme ceux du précédent monologue, ils sont révélateurs, d’un mal de vivre. Cette culture de la haine l’auteure la montre à vif, tel un poison asphyxiant qu’il faut pourtant regarder en face pour mieux le combattre.

Avec beaucoup de fraîcheur, Camille HAZARD interprète la jeune fille qui se débat contre un tonneau de mauvaises pensées en prenant les voix de mégères péremptoires, telles qu’elle les a entendues et entend encore avec son cœur d’enfant.

Sébastien PEYRUCQ joue de tout son corps pour exprimer la détresse morale, la folie de ce père de famille extrêmement troublant.

Nicoleta ESINENCU ne ménage pas ses auditeurs. Les paroles qu’elles lâchent font l’effet de cailloux dans la bouche qui laissent les lèvres ensanglantées. Ça fait mal, très mal mais en même temps, il s’agit de blessures qui tracent la mémoire. Sortir le mal, percer le pus, c’est nécessaire pour empêcher la gangrène.

Camille HAZARD nous offre une mise en scène dépouillée qui convient à cette écriture violente. Discrètement avec grâce, elle inclut dans la scénographie du 2ème monologue, une vidéo où l’on voit sa main exécuter un dessin d’enfant.

C’est un beau spectacle cruellement parlant. Nous irons en Moldavie, en guise de soutien à ceux qui partagent l’énergie, le courage deNicoleta ESINACU . Merci Camille HAZARD et toute son équipe pour cette belle découverte !

Paris, le 12 Novembre 2015                       Evelyne Trân

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