De l’ambition Texte et mise en scène Yann Reuzeau AU THEATRE DU SOLEIL à la Cartoucherie de Vincennes du 8 Septembre au 9 octobre 2015 – Représentations : les vendredis ainsi que les jeudis 1er et 8 octobre à 20h

DE L'AMBITION

Avec :
Sonia Bendhaou,
Maryne Bertieaux,
Lucie Brandsma,
Geoffrey Dahm,
Jérémie Edery,
Julien Frison,
Alexia Hebrard
Charlotte Levy,
Alexandre Prince

Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? Telle est la question qui revient sans cesse en phase terminale, la dernière année de lycée juste avant de passer de l’autre côté pour humer ne serait ce que quelques minutes une bouffée de liberté.

Quel adolescent qui sort de dix années de « captivité » scolaire n’est pas pris de vertige quand on lui parle de son avenir.S’ il répond qu’il ne sait pas ce qu’il va faire, bien sûr qu il lui sera rétorqué «  Mais tu n’as pas d’ambition ! ».

YANN REUZEAU exprime ce sentiment de vertige en quelques mots « presque une vie entière que l’on vit à cet âge là ». Imaginez un groupe d’adolescents, avec ses quotas de forts, de faibles, de têtes brûlées, de timides, qui après une longue randonnée se retrouvent au sommet d’un plateau pour contempler un magnifique panorama, celui de leur vie future. Cordiale nature qui offre aux randonneurs plusieurs chemins, mais à l’œil nu comment voir les obstacles qu’ils recèlent. Certaines voies possèdent leurs pancartes et sont aménagées, d’autres restent mystérieuses, voire dangereuses.

Yann REUZEAU dresse un portrait quasi impressionniste d’un groupe d’adolescents. Sont-elles restées lettres mortes les déclarations d’intentions idéales ? Que sont devenus la bêcheuse, la fédératrice, chef de troupe, le taiseux, le rebelle, l’autiste de service?

Léa a lancé sa grosse pierre peinturlurée du mot ambition sur le plateau de façon à créer un remue ménage assourdissant . C’est qu’elle veut mordre dans la vie, Léa, elle ne comprend pas l’inertie de ses amis, leurs doutes, leurs inhibitions. Seul Jonathan lui ressemble vraiment sauf qu’il a choisi le pôle négatif de la révolte sans foi ni loi, et qu’il ose dire tout haut ne penser qu’à sa gueule.

Chacun de ces jeunes témoignent à leur façon que s’ils sont tous un peu paumés, ils ont au moins cette chance de n’être pas encore blasés, d’avoir à découvrir plein de choses, l’amour notamment. Yann REUZEAU nous montre comment les deux taches du groupe, les plus gauches, les moins fières, finissent par s’apprivoiser et s’aimer.

Des jeunes encore nature qui refusent d’être étiquetés à cause de leurs religions, leur origine sociale et culturelle, leurs différences etc.

Ce bonheur de pouvoir dire « Je ne sais pas… » pour laisser venir ses propres émotions, ses propres désirs.

Dans sa mise en scène Yann REUZEAU entend aussi exprimer comment le bruit du monde extérieur ne colle pas avec le bruit intérieur, le soi intime. Il revient à la mutique d’exprimer ce décalage que personne ne veut entendre.Force est de reconnaître que la sirène de l’ambition privilégie l’avoir plutôt que l’être.

L’adolescence se trouve à la charnière de ces deux pôles, de toute époque. Curieuse branche qui se distingue par sa silhouette un peu tordue et frêle, au centre de l’arbre de vie, c’est sans doute la plus éloquente. Yann REUZEAU chorégraphie ses mouvements qui balaient le sol et touchent les nages avec une belle équipe de comédiens chavirants de naturel.

Paris, le 3 Octobre 2015           Evelyne Trân

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