Camille Claudel 1864 – 1943 – Adaptation et mise en scène de Christine FARRE – A LA FOLIE THEATRE – 6, rue de la Folie Méricourt 75011 PARIS Du 4 septembre au 28 novembre 2015 Les vendredis et samedis à 19h30

CAMILLE CLAUDEL

Distribution

Adaptation & Mise en scène : Christine Farré

Avec Jean-Marc Bordja, Nicolas Pignon, Frédéric Goetz, Christine Farré

Lumières : Florian Neuveglise

Devenir une sculpture. Non pas une chose morte, immobile mais quelque chose qui appelle, interpelle au-delà de toutes les convenances, qui vous surprend, qui vient presque à votre rencontre. Une évidence, un signe, celui  d’un oiseau  perché sur le sommet d’une statue. Et pourquoi donc, parce qu’il y a des êtres qui s’éprouvent convoqués par la beauté des arbres, des pierres, de la terre et que pour percer ce mystère, ils entendent y participer.

 Il y a des beautés de paysages humains et naturels qui laissent sans voix. Camille CLAUDEL s’exprimait avec ses mains et tout son corps tendu pour apporter à l’objet de ses incantations, ses pulsations, ses étourdissements, son bonheur. Elle  est toute vivante dans ses sculptures.

 Elle a si bien scruté la vie qu’à travers ses œuvres nous pouvons voir défiler nombre de visages que nous n’osons pas regarder en face, sinon à la dérobée, mais nous les  voyons toujours traversés par quelque chose d’indicible et c’est ce quelque chose que nous rapporte l’artiste, cela qui indéfiniment ouvre notre regard qui a la faculté de se poser et de voler comme un oiseau .

 Nous n’avons pas envie de nous apitoyer sur le sort de Camille CLAUDEL. A sa mort, tous les éléments se sont réunis pour lui rendre hommage, seul l’homme qui fait partie de la nature était absent.

 « Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente » écrit Camille CLAUDEL. A qui, à quoi fait elle référence, un artiste n’est-il pas toujours en quête d’inconnu ? Camille CLAUDEL savait avec ses mains, son corps déchiré mais elle a  pris conscience que personne ne voulait de ses trésors. Elle s’est révoltée trop fort, elle a été abandonnée. L’homme n’est pas un interlocuteur céleste.

 Le spectacle de Christine FARRE est bouleversant. Sans doute parce qu’elle fait parler le corps et qu’à travers lui en transparence, il est possible de deviner son perpétuel dialogue avec la terre, le sol, la matière; il est chair qui se démonte, il est branches qui se soulèvent, il est tourmenté comme une souche d’arbre arrachée, on y voit les racines.

 Elle suggère à travers les correspondances de l’artiste, les lettres de quelques admirateurs et témoins, Octave  MIRBEAU, Eugène BLOT, HENRY ASSELIN, son rayonnement  puis ses égarements en raison de sa solitude.

 En résumé, Camille CLAUDEL aux yeux de la société, n’aurait pour épitaphe que deux mots, le génie et la folie. Or, Christine FARRE s’adresse simplement au génie féminin. Camille CLAUDEL était une femme artiste à une époque, nous ne pouvons en faire abstraction, où la femme n’avait pas vocation à s’exprimer et à vivre comme un homme.

 Amputée de sa liberté pendant 30 ans dans un asile d’aliénés, Camille CLAUDEL s’est évaporée en silence. Accompagnée de Jean-Marc BORDJA et Nicolas PIGNON,  Christine FARRE lui rend hommage avec beaucoup d’amour. Son spectacle remue profondément.

 Paris, le 13 Septembre 2014 , mis à jour le 21 Août 2015    Evelyne Trân

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