HAUTE AUTRICHE de Franz-Xaver Kroetz par la Compagnie l’Echappée Théâtre du Rempart 56, rue du Rempart Saint-Lazare – 84000 Avignon du 4 au 26 Juillet 2015

 

haute_autriche5Écriture : Franz-Xaver-KROETZ
Mise en scène : Didier PERRIER
Interprétation : Mélanie FAYE, Laurent NOUZILLE


Musique originale : Chantal LAXENAIRE
Mise en lumière : Jérôme BERTIN
Scénographie : Olivier DROUX
Régie son/vidéo : ANTOINE GÉRARD
Costumes : Céline KARTÈS
Photographie : Amin TOULORS
Création sonore : Hélène COEUR
Affiche : Alan DUCARRE

Diffusion : Pascale HAREN
Secrétariat : Sylvie BORDESSOULLE
Administration : Marion HARDY

Ministère de la culture / DRAC Picardie

Y a-t-il une symphonie du quotidien, de sa grisaille et de ses surprises inespérées ? Métro, boulot, dodo, voila une rengaine que nous croyons incompressible. Au théâtre pourtant, les visages cernés de ces gens anonymes peuvent s’animer de façon incroyable. Ils peuvent même devenir les héros d’une comédie dramatique. Ce sont ces gens là, apparemment insignifiants, les passe partout qui intéressent le dramaturge Franz –Xaver KROETZ .

Le lieu clos d’un appartement qui sans être misérable respire la pauvreté, devient la scène d’instants de vie d’un jeune couple amoureux.

Mais il n’y a pas de romans sans histoires, sans drames. Ici , le drame, c’est la pauvreté. Pas seulement la pauvreté matérielle, la pauvreté d’horizon.

Sans rêves, sans désirs, les hommes ne peuvent tenir debout ! Et c’est vrai aussi pour tous les êtres vivants. L’homme rêve d’ascension sociale, la femme d’objets de consommation …

L’appartement nu où l’on entend les gloussements d’amour du jeune couple au fur à mesure laisse transparaitre les ombres des chaines qui vont semer le trouble dans le foyer.

Ici les murs ont des oreilles, ils voient tout et ne jugent pas. Ils accueillent le cadeau d’anniversaire, une corbeille de fruits en porcelaine, ils la voient se remplir et ils assistent à sa disparition. Ils entendent le couple faire l’amour réver de voyages, faire leurs comptes, manger à table, la routine … Et puis un jour, l’homme et le femme crient, ils ne sont pas d’accord sur une question très grave, celle d’accueillir ou non un enfant, le leur.

Le regard de l’auteur et la mise en scène de Didier PERIER qui couve et recouvre les va et vient d’ ombres et lumières dans cet appartement, font l’effet de passe murailles.

Il y a de très beaux chants portés par la voix de Chantal LAXENAIRE qui accompagnent chaque changement de situation. L’appartement semble tourner comme un manège; chaque quartier de scène va défroisser au fur et à mesure des pans de personnalité de l’homme et de la femme. A la fin de la pièce, nous restons tout étonnés d’avoir assisté à leur transformation.

Véritable performance de la part des comédiens Mélanie FAYE, Laurent NOUZILLE qui progressivement passent de l’innocence à la révolte, de l’épreuve à l’espérance, de la soumission à la résistance.

Quelle prise sur la vie ? Quelle batterie ? Quel sang ? Oui, c’est bien le nôtre et on y voit courir la tache de la pauvreté qui n’est pas seulement visible, qui s’insinue dans les pensées, les comportements, les actions de tous les jours, et qui bride , bride ne cesse de brider l’espérance de vie. A cet égard là, le regard de KROETZ est politique, il ouvre la blessure car il y a des plaies et la pauvreté en est une qu’il faut regarder en face.

Un spectacle intense et remuant , porté par des interprètes qui jouent comme s’ils jouaient la peau de leurs personnages, c’est formidable !

Paris, le 13 Juillet 2015 Evelyne Trân

 

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