24 heures de la vie d’une femme d’après Stefan ZWEIG au THEATRE DE LA BRUYERE – 5, rue de La Bruyère 75009 PARIS, du 1er juillet au 1er août 2015 du mardi au vendredi à 20 H 30, les samedis à 17 H et 20 H 30.

affiche THEÄTRE LA BRUYERE

Mise en scène Franck BERTHIER
Adaptation, livret et paroles Christine KHANDJIAN et Stéphane Ly-CUONG
Décor Franck BERTHIER
Musique Sergeï DREZNIN

avec Isabelle GEORGES, Frederik STEENBRINK, Olivier RUIDAVET
Accompagnés par Yann OLLIVO (arrangements, direction musicale et piano), Naaman SLUCHIN (violon) et Isabelle SAJOT (violoncelle)
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Une belle surprise que cette adaptation musicale de “Vingt quatre heures de la vie d’une femme” de Stefan Zweig, en tous points réussie. Cette nouvelle une des plus connues de Stefan ZWEIG est déjà en soi une véritable partition, un voyage, une escapade dans un de ces paysages intérieurs d’une femme mûre en proie à une passion fulgurante pour un jeune homme .

Ce qui est passionnant dans cette nouvelle c’est de vivre comment une femme “ordinaire” et respectable qui n’ a rien d’une Phèdre ou d’une coquette, s’oublie et se découvre à la fois en allant au devant d’un inconnu impossible.

Il s’agit d’une femme courageuse qui ne craint pas de tout donner, tout perdre pour seulement vivre vingt quatre heures avec l’homme aimé. A la lecture, souvenons nous, nous avons éprouvé seconde par seconde, minute par minute, la tension amoureuse de cette femme délicate, timide et pudique comme si nous lui tenions la main. Nous savons que cette femme existe, peu importe son âge, sa condition, elle pourrait même être moche, ce qui compte pour Stefan ZWEIG c’est son visage intérieur qu’il scrute avec un mélange de compassion et d’envie, cette même envie qui dévore son héroïne  face au jeune homme.

Grâce à Stefan ZWEIG nous allons aussi au devant de cette eau qui dort sans doute chez toute femme ou chez tout homme et qui parfois crépite on ne sait pourquoi comme Verlaine dans son poème “Mon rêve familier”.

Bannie la mièvrerie, la passion est convulsive, violente, destructrice, c’est en observant le visage du jeune homme exalté par la folie du jeu, que l’héroïne fait remonter à la surface sa propre énergie amoureuse.

Isabelle GEORGES, à la fois sensuelle et réservée entre souverainement dans ce personnage.Elle lui apporte sa stature, sa voix chaude et aussi son mystère. Son partenaire, Frédérik STEENBRINK quant à lui compose le jeune homme déchiré avec une belle ardeur. Olivier RUIDAVET a l’élégance du témoin ému malgré lui par la confession inouïe de l’héroïne.

Parfaitement équilibrée, la mise en scène fait frémir l’écrin de cette histoire d’amour avec les phrases musicales de Sergeï DREZNIN servies par un trio de concertistes talentueux, en symbiose, au piano, violon et violoncelle.

Un spectacle, véritable bouffée d’air à la Verlaine, pénétrante et chaleureuse. Mais que les spectateurs se rassurent, la salle du Théâtre de la Bruyère est climatisée, ils n’auront chaud qu’au cœur de leurs précieux mirages !

Paris, le  4 Juillet 2015                                            Evelyne Trân

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