GEORGE KAPLAN texte et mise en scène Frédéric Sonntag au Théâtre de la Tempête – salle Serreau à la Cartoucherie de Vincennes du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

KAPLAN

Avec : Alexandre Cardin, Florent Guyot, Lisa Sans, Jérémie Sonntag, Fleur Sulmont

« Qui est là ? – Personne !  » répond Ulysse au cyclope Polyphème avant de lui crever l’œil. Eh oui l’ennemi, l’autre d’une certaine façon est toujours invisible. Cela ne date pas d’hier, de l’antiquité ni de la bienheureuse époque des cavernes. En tout cas, si nous pouvons supposer que nos ancêtres avaient appris à transiger avec l’invisible, nous leurs descendants nous croyons faire mieux en installant des caméras partout susceptibles de piéger, de confondre celui ou celle là en flagrant délit de trouble à l’ordre public.

 Sachez cerner l’ennemi qui est en vous, l’ennemi qui rôde autour de vous, puisque tout seul vous n’existez pas, vous n’avez pas le droit d’exister en tant qu’électron libre, faute de quoi vous représenteriez un danger pour la société, laquelle offre à  ses concitoyens une belle panoplie de masques pour vivre tranquillement sans risquer sa peau comme ce pauvre Georges KAPLAN dans la Mort aux trousses d’HITCHKOCK qui a eu le malheur d’être pris pour un autre qui n’existe  pas.

 L’électron libre, c’est la poussière dans l’œil de la caméra à ce point effrayante qu’elle peut se donner en spectacle, elle-même observée par une autre caméra invisible. Mais qui tient la caméra, qui filme ? Silence de mort, il n’ y a plus  personne, fin du spectacle.

 Frédéric SONNTAG met en scène les benêts de la farce, apprentis activistes, scénaristes pitoyables, tripotée de politiques sous la haute sphère d’un gouvernement invisible,  qui se grattent les méninges pour faire résonner dans leurs œillères les plus insolites, le doux nom de Georges KAPLAN et ce en cadence, en triptyque, en trois mouvements  aux 1er, 2ème et 3ème degré de compréhension, d’émotion, de rire et d’effroi.

 Georges KAPLAN, ce leurre tout désigné en signe de parade à toutes les manipulations originelles, célestes, médiatiques, indigestes, hauts de coeurs simiesques, est l’ennemi public n°1 puisqu’il ose cet infâme manipulé avancer tout cru vers les victimes de leur propre chimère « parfaire les processus d’identification d’un petit cafard issu de la masse à un homme robot manipulable  à volonté ».

 Le spectacle est aussi bien construit et mis en scène qu’un engin spatial qui ne craint surtout pas de partir vers l’inconnu, notamment les réactions des spectateurs.

 Leurs chevilles pourraient enfler sous les traits d’intelligence de l’auteur mais reprennent vite pieds sur terre car s’identifiant aux pigeons ou aux poules nourricières, les voyeurs, ces respectables spectateurs peuvent s’échapper par le rire oh combien salvateur.

 Remercions tous les protagonistes de ce sulfureux spectacle, leur brio, leur énergie juvénile. « Non, nous disent ils en cœur, nous ne tuerons pas cette bonne vieille poule aux œufs d’or, Georges Kaplan »

Sur scène, sa présence est si manifeste que la renommée du spectacle est devenue internationale ! Car ses œufs aussi mirifiques soient-ils ont quelque chose de bio, n’est-ce pas, ils sentent bien l’homme…

Paris, le 14 Mai 2015          Evelyne Trân

 

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