Moïse, Dalida et moi de Isabelle DE BOTTON au Théâtre Laboratoire d’Elizabeth Czerczuk 20 rue Marsoulan 75012 PARIS – Représentation exceptionnelle le Lundi 2 Mars 2015 –

Botton

De Isabelle de Botton

Mise en scène : Michèle Bernier, assistée de Sophie Deschamps 

Avec

Isabelle de Botton

 «J’ai deux amours, Paris et New York » disait  Joséphine BAKER, de la même façon Isabelle de BOTTON porte dans son cœur Alexandrie sa ville natale et Paris sa ville d’adoption.

 La copine écervelée de Mimi MATHY et de Michèle BERNIER tire sa pèche drolatique  d’une potion magique, celle où elle a baigné enfant en Egypte dans cette  belle ville Alexandrie.

 Impossible d’oublier la terre de son enfance surtout lorsqu’on l’a quittée fort jeune dans des circonstances dramatiques. Isabelle n’avait que 4 ans lorsque son père fût arrêté sur les ordres de NASSER, lors de la nationalisation du Canal de Suez en 1956, parce qu’il était juif.

 Enfant, il n’est pas facile de communiquer ses angoisses, ses interrogations surtout lorsque  les parents qui croient vous protéger vous cachent la réalité. Isabelle a donc comprimé son émotion pour faire plaisir aux parents et c’est toute joyeuse, exaltée par l’aventure qu’elle a débarqué à Paris.

 Avec son « regard étranger » Isabelle eût sûrement inspiré l’auteur des Lettres Persanes, Montesquieu et celui de Zadig et Candide ainsi que du traité sur la Tolérance, l’incontournable Voltaire. Il ne s’agit pas de friandises  littéraires. Isabelle est trop humble et aussi a trop d’humour pour se prendre pour une héroïne.

 Mais son regard a quelque de chose de décapant, de vérité toute nue. Elle a cette fraîcheur de l’enfant d’Andersen qui révèle la nudité du roi.

 Elle nous parle d’Alexandrie et de ses parents  presque en rêvant. Elle voyage dans ses souvenirs sans faire de grosses vagues comme si elle avait dans le tempo la pudeur et la sagesse que lui ont transmises ses parents. Dans le fond, elle ne cesse de dialoguer avec ses chers morts qui voyagent avec elle d’une certaine façon. Leur culture, leur religion ne sont plus vraiment les siennes mais continuent à l’interpeller.

 Enfant, Isabelle a failli se faire muette parce qu’elle ne savait pas qui elle était, ce qu’elle devait dire sur ses origines à l’école. Un jour, elle a levé le doigt pour dire qu’elle était juive et grande surprise, l’institutrice lui a répondu «  C’est bien de l’avouer ». Comment ne pas avoir le souffle coupé ! D’autant que son père lui disait qu’elle était apatride.

 Isabelle de BOTTON a pris le parti de rire de la bêtise humaine. Mais elle ne considère pas son métissage culturel comme un handicap, bien au contraire c’est sa force, sa richesse. Et parce qu’elle est généreuse, elle a envie de la partager.

 Mis en scène par Michèle BERNIER, son spectacle est libératoire. Il faut un sacré talent pour arriver à faire rire et à émouvoir en même temps.

 Répétons-le,  Isabelle danse véritablement sur l’eau de ses souvenirs particulièrement vivaces. A l’issue du spectacle, nous avons vraiment l’impression d’être partis à Alexandrie.

 Et, il n’y a pas de meilleur guide qu’Isabelle de BOTTON pour partir à la rencontre de ces étrangers que nous sommes pour nous-mêmes, n’est-ce pas. De ses aventures personnelles, Isabelle de BOTTON tire un spectacle extrêmement récréatif, un acte d’amour tout simplement.

 Paris, le  8 mars 2015                Evelyne Trân

 

 

 

 

 

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