Une femme seule de Dario FO et Franca RAME à La Manufacture des Abesses 7, rue Véron 75O18 PARIS du 4 Mars au 18 Avril 2015 du Mercredi au Samedi à 19 Heures

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Mise en scène : Bérénice Collet

Avec Violaine Brébion et Amélie Manet en alternance

La situation pourrait paraître banale. Une femme au foyer qui se retrouve seule pendant que son mari travaille ! Dario FO, Franca RAME et Jacopo FO pourtant ont décidé de faire exploser ce pétard mouillé en l’agrémentant d’anecdotes qui tout en frisant le burlesque sonnent extrêmement justes.

 La femme seule tout au long de la pièce discute avec une voisine invisible et inaudible en face de sa fenêtre. Elle raconte sa vie de façon enjouée, tout le temps interrompue, soit par les coups de fils de son mari, soit par la trompette de son beau-frère paralytique, soit par les braillements de son bébé ou encore par les coups de sonnettes intempestifs d’un ancien amant.

 Nous finirons par apprendre que la pauvre femme est enfermée dans l’appartement par son mari parce qu’elle a été infidèle. Nous aurons droit également à ses confidences sexuelles qui en disent long sur sa condition de femme mariée, esclave sexuelle, esclave ménagère, qui dispose pourtant de tout pour être heureuse puis que le répète-t-elle sans cesse, son mari veille à son confort domestique.

 La femme ne cesse donc de papoter de façon légère sans se rendre compte qu’à force de parler, elle va finir permettre le pied là où le bât blesse, un sentiment de solitude absolu car en réalité personne ne l’entend  . Elle est prise dans un engrenage familial qui l’empêche de prendre conscience de l’horreur de sa condition.

 Belle démonstration des revendications féministes, exprimée de façon féroce et sans appel.

 Du déjà vu, du déjà entendu peut-être ! Allons donc ! La femme de nos jours est libre ! Pas si sûr ! Si le combat pour la liberté sexuelle économique, morale de la femme a permis de faire évoluer sa condition , les archaïsmes sont encore bien logés dans les mentalités et il faut bien le dire, des femmes restent dépendantes de leurs maris pour des raisons financières et affectives. Leur rôle principal n’est-il pas d’assurer la reproduction de l’espèce, s’occuper des enfants !

 L’accumulation des chaines qui finissent par ficeler cette femme seule ne choque pas. C’est le portrait désespérément banal d’une femme piégée corps et âme, d’une prisonnière qui ne dispose que de quelques prémisses d’idée de liberté.

 Nous avons assisté à l’interprétation de Violaine BREBION. Sa jeunesse, sa pétulance rendent encore plus émouvant le témoignage de cette femme seule, oh combien fragile, et le message passe. Quel gâchis ! pensons-nous, à mi-chemin entre le sourire, le rire gêné. Pauvre fleur écrasée sous la porte ! Ne pleurons pas !  nous disent les auteurs de cette pièce créée en 1977. Encore aujourd’hui, cette satire sarcastique et démontée de la « femme seule »  soulève nos cœurs blindés !

 Paris le 7 Mars 2015         Evelyne Trân

 

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