VINCENT de Léonard Nimoy, mis en scène par Paul Stein au Ciné 13 Théâtre – 1 Avenue Junot 75013 PARIS – du mercredi 4 Mars au samedi 4 Avril 2015

VINCENT

Auteur : Léonard Nimoy
Artiste : Jean-Michel Richaud
Metteur en scène : Paul Stein

Les destins de Théo VAN GOGH, le galeriste et de son frère Vincent, l’artiste peintre « maudit » sont si bien liés qu’il a dû paraître naturel à l’auteur de la pièce « VINCENT » de confondre ces  deux figures sur une scène de théâtre.

 Qui mieux que Théo, le témoin bienveillant et impuissant de la douloureuse vie de son frère Vincent pourrait nous parler de lui ? A travers les nombreuses lettres que lui écrivit Vincent, on peut deviner quelle oreille attentive fut celle de Théo .

 Nous devrions tous être les frères de Vincent, pourraient songer  les admirateurs de son œuvre qui ont lu ses lettres. Un seul, le fut de façon exceptionnelle, désintéressée, Théo, qui secourut, autant que possible, matériellement et moralement ce frère incompris par sa propre famille, sujet d’opprobre et de mépris .

 Théo s’est battu pour donner la place que méritait Vincent dans une société qui le rejetait. Il  l’a défendu comme une mère tente l’impossible pour sauver son petit. Tout cela pour dire que c’est cette passion là qui  donne le ton à la pièce de Léonard NIMOY si bien articulée qu’elle permet sur scène d’assister à cette fusion étrange entre les deux frères Théo et Vincent.

 Vincent était différent  nous dit Théo, il n’était pas fou. Le témoignage de Théo concerne davantage la personnalité du peintre que ses œuvres. Théo curieusement a du recul. Il semble plus préoccupé des descentes en enfer de son frère en proie à des angoisses terribles qu’à la postérité de ses peintures. Y a-t-il une concordance, une correspondance entre le génie du peintre et sa détresse mentale ?

 Il est probable que l’acuité de la perception de Vincent était aussi bien une ouverture sur la beauté du monde que sur ses aspects tragiques. Vincent était un voyant comme Rimbaud.

  Nous n’avons pas besoin de savoir que Vincent était malade pour apprécier ses œuvres. De même, nous pouvons entendre le récit de la vie de Vincent à travers ses lettres sans nous référer nécessairement à ses peintures. Vincent savait aussi exprimer ses états d’âmes et sa recherche spirituelle par l’écrit, c’était aussi un artiste écrivain .

 Si être artiste, c’est une façon d’être, de penser, de ressentir pleinement, entièrement,  Vincent et Théo, deviennent les porte-parole de tous ces artistes anonymes qui entendent aussi s’exprimer dans la vie de tous les jours, dont la conscience pourrait, pourquoi pas, être figurée par un tournesol, aimanté par un soleil cosmique.

 Avec bravoure et sans pathos, Jean-Michel RICHAUD incarne Théo et Vincent dans une  sorte de chevauchée lumineuse et fantastique. Très expressif, il bouge, donne l’impression de se débattre tout en parlant aux spectateurs tandis qu’en haut, à gauche de la scène, sur un écran défilent les peintures de Van GOGH , réponses du peintre, silencieuses, mais combien éloquentes, substrats de pensées dessinées.

  Il faut aller à Auvers-sur-Oise pour éprouver ce choc en observant l’église. Ceux qui l’ont vue peinte par Van Gogh pourraient croire la voir avec les yeux de Van Gogh. Etrange sensation vraiment !

 Le spectacle fort bien encadré par le metteur en scène Paul Stein,  nous rappelle simplement avec une émotion passionnée que Vincent était avant tout un homme ! Et ce message nous bouleverse.

 Paris, le 7 Mars 2015          Evelyne Trân

 

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