SAUVER LA PEAU de DAVID LEON avec Manuel VALLADE – Conception, mise en scène et dramaturgie d’Hélène SOULIE au THEATRE OUVERT – 4 Bis Cité Véron 75018 PARIS – du 26 Janvier au 14 Février 2015.

sauver la peau
 
Emmanuelle Debeuscher (Scénographie) , Maïa Fastinger (Création vidéo) , Maurice Fouilhé (Création lumières) , Bruno Michelet (Création son) , Catherine Sardi (Création costumes) , Hélène Soulié (Dramaturgie)
 

Ecrire pour sauver la peau ?

Nous n’hésitons pas à citer CELINE auquel fait référence l’auteur :

 » Alors j’ai mis ma peau sur la table, parce que, n’oubliez pas une chose, c’est que la grande inspiratrice, c’est la mort. Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n’avez rien. Il faut payer ! « 

S’agit il pour l’auteur de « Sauver la peau » de régler des comptes, ses comptes, les nôtres avec le carcan familial ou le carcan institutionnel qu’il renvoie dos à dos.

Le Je de l’auteur lance quelques phares comme la canne d’un parapluie renversé, arche de Noé de l’écrivain.

Un Je ostentatoire qui a mordu à l’hameçon des paroles blessantes, qui les a ressassées, sucées jusqu’à la moelle.

Il y a des paroles qui tuent, rappelle David LEON. Les personnes trop sensibles, comme son frère Matthieu devenu fou, sont les premières victimes.

A vrai dire, la pratique de l’écriture permet de prendre quelque distance avec les mots, de les poser sur la table comme des petites buchettes du cours préparatoire. Un jeu de construction, pas seulement ; dans les petits wagons de mots, on met un peu de soi, sa sueur, son temps, quelques souhaits… Mais de là à penser qu’il s’agit de sa peau ??? !!!

La littérature comme dérivatif, comme absolu, comme trompe-la-mort, et pourquoi pas la littérature comme jeu ?

 A notre sens, cette pièce qui parle de la folie, de côté pile et côté face, à travers plusieurs voix, devrait être interprétée par plusieurs comédiens. Seul en scène, Manuel VALLADE n’a pas le temps de respirer. Sauf lorsqu’il devient un personnage jouant avec les éclats d’un grand miroir brisé, sorte de signal que nous envoie la metteure en scène Hélène SOULIE comme rite d’initiation du je qui rentrerait dans la peau d’un personnage.

Nous ne résistons pas une fois de plus à citer CELINE :

  » C’est dégoûtant d’écrire sur soi-même, moi, moi, moi ; et se faire sympathique ce serait plus dégoûtant encore, il vaut mieux se présenter au public sous un jour ignoble. Il faut que le caractère soit plus vrai que lui-même. »

 Ni les malheureux, ni les méchants n’ont le monopole de la littérature à moins que cette dernière ne devienne une grande Eglise qui, cela dit, les accueillerait à bras ouverts.

La scène baignant dans l’obscurité, il est possible de faire un rapprochement avec l’atmosphère d’une église. Que se disent donc dans leur confessionnal le prêtre et le pécheur?

Question de peau, toujours ! Nous laissons le soin aux spectateurs et aux connaisseurs de l’écrivain de David LEON de donner leur sentiment.

 Paris, le 28 Janvier 2015          Evelyne Trân

 

 
 
 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s