Le Malade Imaginaire d’après MOLIERE – Adaptation et mise en scène de Grégoire Tachnakian – au Centre Culturel Jean Houdremont – Place de la Fraternité 11 avenue du Général Leclerc Du mer. 14/01/15 au dim. 25/01/15

LE MALADE IMAGINAIRE
 
 

A-t-il encore quelque chose à dire ce malade imaginaire ? Incontournable pièce du répertoire classique, satire des médecins et des hypocondriaques, le « Malade imaginaire » la dernière création de Molière, en 1673, rencontra un formidable succès, dès les premières représentations. Or c’est à l’issue de la 4ème que Molière rendit l’âme.

Était-il en train de la provoquer cette mort, en interprétant ce malade imaginaire, si ridicule, qu’il faisait plier de rire le public. Qui imaginerait la mort précédée d’un grand éclat de rire ?

Argan égaré dans le 21 siècle serait-il immortel ? A vrai dire, la peur de la mort, les craintes des maladies de toute sorte, nous concernent tous.  En témoignent les nombreuses publicités relatives à la santé et à la mort. Désormais les pompes funèbres très aimablement  prennent place dans le salon sur l’écran de télé, pour inviter les spectateurs, même à l’heure du déjeuner, à se préoccuper de leur future mort.

Argan est devenu moderne, il est de notre époque.  Mais c’est tout de même un défi pour un metteur en scène aussi talentueux soit-il,  de plonger cet Argan connoté depuis plusieurs siècles, dans notre univers saturé d’images.

En résumé, cet Argan quasi névropathe, obsédé par son état de santé, décide de marier sa fille Angélique au neveu de son médecin, Thomas Diafoirus. Mais cette dernière est amoureuse de Cléante, un jeune musicien  et se rebelle ouvertement.

Marc Allgeyer interprète superbement un Argan finaud, malsain, toujours en pyjama.

Il semble que sa vie soit réduite à ses allées et venues vers le trône des WC  et  le lit dans une pièce vide, hormis l’immense écran vidéo à travers lequel il communique avec sa femme. Quelle belle invention la webcam !

A l’image, Flore Lefèbvre des Noëttes, Stéphane Szestak sont tordants.

Jean François Maenner est ahurissant en Thomas Diafoirus qui a l’apparence d’une statue vivante peinte, évoluant en milieu touristique.

Quant à Maria Gomez, son punch habituel sert à ravir le personnage de Toinette, cette coquine servante.

Lucas Anglares et Elise Hobbé, respectivement Cléante et Angélique, les comédiens invités de la Compagnie sont charmants et très justes.

 La mise en scène de Grégoire Tachnakian est parsemée de multiples clins d’oeils ironiques et farceurs qui parodient notre monde de plus en plus virtuel.

Mais ce qui fait plaisir concrètement, c’est de voir les sourires ébahis des jeunes enfants capables de rester sages durant les deux heures du spectacle.

Argan a beau être un épouvantable personnage, il continue à fasciner le public parce qu’il incarne nos peurs, nos angoisses en définitive de façon très humaine.

Son transfert dans notre époque, supervisé par Grégoire TACHNAKIAN est vraiment réussi !

Paris, le 26 Janver 2015              Evelyne Trân

 

 

 

 

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s