OU DONC EST TOMBÉE MA JEUNESSE …au Théâtre DAUNOU – 7, reu Daunou 75002 PARIS – Représentations exceptionnelles les Lundi 24 et mardi 25 novembre 2014

ou-donc

Mise en scène: Jean-Luc Revol  –  Avec Tchéky Karyo 

Tenor : Edmund Hastings   Piano : Edward Liddall

Violon : Michael Foyle

« Vos cœurs sont tous en moi, je sens chaque blessure » écrit Apollinaire dans son poème «  Champ de l’honneur » en hommage à ses compagnons de tranchée. Il se soucie encore de la beauté, la simplicité de la beauté « A l’ instant de périr, nous poètes, nous hommes… ».Le rappel des voix de tous ses soldats tombés pendant la 1ère guerre mondiale par celles des poètes, constitue le spectacle original conçu par la compagnie de Picardie avec des textes tirés de l’Anthologie des Poètes de la Grande Guerre de Jacques BEAL.

Ces poètes sont si nombreux qu’il fallait le charisme de TCHEKY KARYO pour exprimer leurs états d’âmes sans sombrer dans le pathos ou la litanie désespérée. Parce que toutes ces voix n’entendent pas colorer le drapeau du patriotisme, mais dénoncer avec virulence les horreurs de cette guerre.

Visuel 3 © Ludo Leleu (1)

Photo LUDO LELEU

L’excellent ténor anglais Edmond HASTINGS représente  en quelque sorte l’image d’Epinal du soldat, digne et impeccable,  huée par les clameurs de  ceux qui n’ont connu que la boue, la peur au ventre, la boucherie.

De facture expressionniste, la mise en scène superbement calibrée par Jean-Luc REVOL  joue donc sur ces contrastes d’images de guerre pour rendre compte de l’atmosphère de l’époque. Au piano et au violon, les talentueux musiciens anglais donnent le mouvement au tourbillonnant TCHEKY KARYO, à l’actualité percutante des textes choisis. Véritable cavalerie d’auteurs aux accents multiples, à découvrir, à redécouvrir, parmi eux, Eluard, René Dalize,  Cocteau, Paul Verlet, François Bernouard etc.

Nous ne résisterons pas à vous citer un extrait de poème de Paul Eluard :

Visuel 1 © Ludo Leleu

 Photo LUDO LELEU

Nous savons bien compter les morts
Par milliers et par millions
On sait compter mais tout va vite
De guerre en guerre tout s’efface
 
Mais qu’un seul mort soudain se dresse
Au milieu de notre mémoire
Et nous vivons contre la mort
Nous nous battons contre la guerre
Nous luttons pour la vie.
 

qui nous semble résumer tout l’esprit de ce spectacle de qualité, qui dispose de cette beauté simple appelée par Apollinaire, l’auteur de cette exclamation «  Où donc est tombée ma jeunesse… ».

Paris, le 30 Novembre  2014             Evelyne Trân 

 

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