Les tribulations d’Ana au Theâtre du LUCERNAIRE – 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 PARIS – Du mercredi 26 novembre 2014 au samedi 24 janvier 2015

tribulationsdana300

Autrice : Anna Sam, librement inspiré de son ouvrage Les tribulations d’une caissière paru aux éditions Stock
Adaptation : Sébastien Rajon, Vica Zagreba
Mise en scène : Sébastien Rajon
Avec : Vica Zagreba

Quelle comédienne Vica ZAGREBA ! On la prendrait vraiment pour une caissière, souriante, avenante, enjouée, aimable. En la voyant monologuer sur la scène du Paradis, je me suis souvenue d’un certain nombre de visages de caissières, sans aucune empathie. Ne jouent-elles pas un rôle comme tout le monde ? L’habit ne fait pas le moine. Vous pouvez bien être caissière le jour, et sociologue la nuit. C’est le cas d’Ana qui a un diplôme de sociologie.

 Certains patrons demandent à leurs employés de sourire au téléphone parce que parait-il, cela se voit. Mais un sourire contraint ne trompe personne. Chassez le naturel, il revient au galop.  Par bonheur, Ana est d’un naturel enjoué, pas tout à fait bonne poire, mais presque. Elle fait des heures supplémentaires, elle sert de trublion pour les annonces publicitaires. elle se trompe dans les comptes de sa caisse, et elle passe le temps de ses pauses très minutées à lire les exploits de Sisyphe, Hercule, etc.

 Elle ne nous fait pas la grâce non plus de l’étymologie du mot travail qui vient du latin tripalium et qui est au propre et au figuré un instrument de torture.

 Les conditions de travail des caissières ne sont pas drôles du tout ! Charles Trenet ne chante pas dans les rayons du supermarché « Y a de la joie ». Alors, Ana supporte vaillamment son cauchemar en  tenant le journal de ses mésaventures qui après tout pourrait  bien lui servir de mémoire de doctorat sur les caissières à l’aube du 21ème siècle.

 Elle réussit au moins une chose, ne pas rendre ce mémoire barbant. Ana a même quelques graines d’Alice au pays des merveilles, elle est égarée dans un monde absurde, idiot, infernal, uniquement protégée par son costume de caissière.

 Cette bulle de caissière qui est énorme, qui gonfle sans relâche, Vica ZABREGA, dirigée par Sébastien RAJON, lui donne du souffle avec beaucoup d’aisance. Cela dit, Ana ne fait pas partie du lot des  caissières usées et résignées.

 Trop mignonne pour inspirer la pitié, elle n’est pas non plus ridicule au point de soulever le rire. Si l’on peut regretter que ce personnage de caissière soit trop sympathique ou trop rêveur, nous lui reconnaitrons cependant ce charme inespéré, il est vrai, qui permet de sourire des maux de notre société, avec humour, sans faire trop de vagues.

 Ce n’est pas rien d’être caissière au 21ème siècle. En guise d’appel aux caissières du 18 Juin, nous signalons que l’une d’entre elles est à l’affiche du Paradis au Théâtre du Lucernaire et que son interprète Vica ZAGREBA a beaucoup de talent.

 Paris, le 28 Novembre 2014              Evelyne Trân                 

 

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