LA PEAU D’ELISA de Carole FRECHETTE au THEATRE MICHEL 38, rue des Mathurins 75008 PARIS – les mardis et mercredis, à 19h15

LA PEAU D'ELISA

Seul en scène
Avec : Laurence Pollet-Villard
Mise en scène de : Véronique Kapoian

Nous avions eu vent de la vie de sœurs BRONTE qui pour combler leur ennui dans le presbytère de leur père écrivaient des romans d’amour. Emily BRONTE notamment qui a écrit ce chef d’œuvre « Les Hauts de Hurle-Vent » est restée « vieille fille ».

  La pièce de Carole FRECHETTE « La peau d’Elisa » qui dresse le portrait d’une femme obsédée par les histoires d’amour au point d’en tricoter toute seule sur un banc, nuit et jour, témoigne de l’importance psychique du rêve et de l’imagination chez un individu solitaire.

 Si les romans d’amour font recette au point de détacher de la réalité des femmes esseulées affectivement et sexuellement, à l’instar de Madame BOVARY, c’est qu’ils permettent de vivre par procuration des émotions auxquelles elles aspirent de tout leur corps.

 Ce que l’on rêve est souvent plus beau que la réalité. Et puis surtout dans la vie, les histoires d’amour sont éphémères, tandis que dans le rêve, leur eau vive peut poursuivre aussi bien les amoureux que les amoureuses n’importe où.

 Cela dit, si vous rencontriez une femme qui vous interpellerait sur le quai d’un  métro ou sur un banc public pour vous conter ses aventures affectives, vous la prendriez pour une folle.

 Elisa existe, Carole FRECHETTE l’a rencontrée c’est certain. Et vous-même l’avez sans doute remarquée, sous les traits d’une femme sans âge, posée comme une feuille  d’arbre, sur un banc, au coin d’un arrêt de bus, au milieu des voitures et du brouhaha urbain  ou au fond d’une salle de café. Vous n’avez  pas osé l’aborder ni même la regarder dans les yeux mais sa présence silencieuse vous a ému et vous vous reprochez votre timidité, votre manque de courage.

 Sachez qu’il n’est pas trop tard, Elisa s’est installée au théâtre grâce à une fée, Carole FRECHETTE qui a décidé de lui offrir la parole. Il y a tant d’histoires qui se bousculent dans la tête d’Elisa qu’elles donnent le tournis. Parmi les portraits de ses amants vrais ou imaginaires, vous reconnaitrez des amoureux qui se cachent derrière la  tête de votre épicier, votre boucher ou le chauffeur de bus ou la boulangère. Et cela devient fantastique d’imaginer que des milliers d’histoires d’amour invisibles puissent  fourmiller à nos pieds.

 Elisa ne cesse de raconter, raconter parce que dit-elle sans cette eau vive de l’amour, elle risque de s’assécher et de disparaitre. Alors, elle sème ses histoires comme elle lancerait des graines aux pigeons, par amour.

 Il lui arrive de tourner en rond dans son manège, Elisa, elle a  le vertige. Elle s’adresse au public, elle ne veut pas être seule. Tous les gens qu’elle a aimés, qu’elle aime toujours, doivent passer sur son visage, lui faire oublier sa solitude, la nôtre. Tous ses souvenirs en branches, pense-t-elle, vont fleurir et l’arbre qui parait seul dans une cour de récréation va devenir l’arbre de tous ceux qui ont une petite histoire d’amour à lui confier.

 Mise en scène avec délicatesse par Véronique KAPOIAN,  Laurence POLLET-VILLARD est une lumineuse Elisa, écorchée vive par ses émotions affectives, transie d’amour, mouillée par des myriades de gouttelettes qui osent dire « Je t’aime » à l’infini.

 Paris, le 25 Octobre 2014      Evelyne Trân

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