Le Polygraphe de Robert Lepage et Marie Brassard à la Maison de la Culture du Japon – 101 Bis Quai Branly PARIS – Jeudi 9, vendredi 10 octobre à 20h et samedi 11 octobre à 16h

LE POLYGRAPHE

Texte > Robert Lepage et Marie Brassard
- Traduction en japonais > Kazuko Matsuoka
- Mise en scène > Mitsuru Fukikoshi
- Interprétation > Kaiji Moriyama, Midori Laurence Ota, Mitsuru Fukikoshi
- Production > Tokyo Metropolitan Theatre

Extrêmement curieuse cette pièce « LE POLYGRAPHE » écrite par des québécois, Robert LEPAGE et Marie BRASSARD en 1987.

Le synopsis est tiré d’une mésaventure épouvantable qu’a subie Robert LEPAGE dans sa jeunesse. Suite au meurtre d’une de ses amies comédiennes, et l’incendie de son appartement en 1980, ayant été le dernier à l’avoir vue, il fut interrogé par la police sans ménagement et connut même l’épreuve du détecteur de mensonge. Il ne fut blanchi que 2 ans plus tard lorsque le véritable assassin fut découvert.

Pour exorciser ce cauchemar, Robert LEPAGE accompagné de Marie BRASSARD écrivit « LE POLYGRAPHE » qui depuis a fait une tournée internationale.

La pièce se déroule comme un film noir où les flash-back nombreux font tituber l’imagination du spectateur.

Les situations semblent découler d’un rêve cauchemardesque. Les comédiens semblent parler comme s’ils étaient pris dans le tissu d’un rêve aux  mailles transparentes mais retorses.

Trois personnages, un criminologue, une jeune actrice qui joue dans un thriller et un étudiant gay forment « le triangle amoureux » de cette pièce. Mais chacun a sa bulle de rêve, de sorte que tous donnent l’impression, parfois, de déambuler comme des somnambules.

Pour rendre cette atmosphère onirique, le metteur en scène bouscule les paramètres de perception, il fait entrer le cinéma dans le théâtre. Dans certaines scènes, les comédiens s’immobilisent comme sur un plan de cinéma dans des curieuses  positions. Cela crée le trouble car nous n’avons pas l’habitude de ralentir au théâtre les allées et venues des comédiens .Mitsuru FUKIKOSHI, le metteur en scène utilise les effets visuels, de jeux de lumière et images vidéo comme s’il avait le doigt sur du cristal. En vérité, il joue avec le feu, entre rêve, fiction et terrible réalité.

Ce spectacle métaphysique est interprété par Kaiji MORIYAMA, danseur chorégraphe et les comédiens Midori Laurence OTA et Mitsuru FUKIKOSHI lui-même, qui maitrisent de façon hallucinante, le vécu de leurs personnages pris dans les mailles d’histoires qui s’enchevêtrent. Il s’agit d’une enquête policière qui traque les individus dans leur intimité, et fait resurgir à la surface chacun de leurs démons, notamment le mur de Berlin pour l’étudiant gay, les remords et les obsessions du criminologue et la fameuse tirade d’Hamlet dont s’empare la comédienne.

Ce spectacle est à voir et à revoir pour ses qualités hypnotiques, son élégance et son humour aussi qui transpire dans ce thriller à couper le souffle.

 Paris, le 19 Octobre 2014                Evelyne Trân

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