CAMILLE, CAMILLE, CAMILLE DU 07/10/2014 AU 22/11/2014 – Théâtre Lucernaire 53, RUE NOTRE DAME DES CHAMPS – 75006 PARIS –

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AVEC
De Sophie Jabès ; adaptation scénique et mise en scène de Marie Montegani ; avec Vanessa Fonte, Nathalie Boutefeu, Clémentine Yelnik.

Camille CLAUDEL était elle plusieurs ? Camille CLAUDEL, sculptrice, est née à une époque ou les femmes  devaient lutter pour affirmer leur légitimité artistique . Dans son livre « Les Femmes sculpteurs et graveurs » écrit en 1905, Maria Lomer De Vits recensa 231 artistes femmes auxquelles elle apportait son soutien en écrivant haut et fort « L’art n’a pas de sexe ».

 Les œuvres de Camille CLAUDEL parlent d’elles-mêmes. La vérité c’est qu’elle est bien davantage connue par sa légende, celle d’une artiste maudite trahie par son maître et amant RODIN, puis enfermée trente ans dans un asile.

 Les témoins de sa vie, les intellectuels, ses admirateurs, notamment Octave MIRBEAU  et surtout son frère Paul CLAUDEL dressèrent d’elle un portrait impressionnant, susceptible d’alimenter une vision romanesque, édifiante de cette femme hors normes et de la ranger dans la classe des héroïnes tragiques telles que Médée ou Phèdre.

 Le point de vue de Sophie JABES est essentiellement féminin. Dans sa pièce, on y voit Camille, femme entre toutes les femmes, qui vie et lutte en tant que femme et qui se décline en plusieurs miroirs, celui de la femme jeune amoureuse passionnée, celle de la femme qui sombre dans la folie, celle qui se retrouve vieille à l’asile. Comment ne pas être bouleversé par ce destin, elle était belle, sensuelle, elle est devenue folle et elle a croupi le restant de sa vie en asile d’aliénés. Il faut reconnaitre l’aspect dramatique de la vie de Camille CLAUDEL. Victor Hugo en eût fait un monstre digne de Lucrèce BORGIA ou de l’homme qui rit.

 Visuel 6 © D.Ceccato

Photo D.CECCATO

La mise en scène, fort bien enlevée, fouette le sang de ces trois Camille – interprétées avec passion par Nathalie BOUTEFEU, Vanessa FONTE et la remarquable Clémentine YELNIK –  qui finissent par délirer côte à côte comme les causeuses, la célèbre sculpture d’une Camille oubliée, l’artiste.

 Emotion garantie  pour ceux qui  connaissent peu la vie de Camille CLAUDEL. Ceux qui ont en mémoire une réalité plus sordide, plus sèche des tracés des destins pourront regretter que la folie soit exprimée de façon spectaculaire. Faut-il toujours que la fiction masque la réalité. Il est toujours vrai que le malheur, la désespérance, la souffrance peuvent être emballés dans du papier de soie. Comment oublier que Camille CLAUDEL envoyait des crottes dans des lettres d’injures et que ce fut une des causes de son enfermement.

CAMILLE

La vieille Hélène Plâte de Camille CLAUDEL  1882

 Le cri de Camille, c’est essentiellement à mon sens, celui de l’artiste. Que s’y mêlent, à différentes étapes de la vie, les voix de l’amoureuse désespérée  et de l’enterrée vivante, sans doute. Rappelons tout de même que le besoin de créer était organique chez Camille qui a commencé à sculpter à l’adolescence bien avant sa rencontre avec Rodin.

 Camille, Camile, Camille, bien sûr qu’elles sont plusieurs. Il y a celle qui bouleverse les artistes, celle qui fait rêver les femmes , et puis il y a celle qui a voué sa vie à la sculpture et a été enfermée parce qu’elle criait trop fort. Par chance, ses œuvres ont fait l’échappée belle, elles nous dévorent du regard, elles crient au plus près de nous.

 Paris, le 11  Octobre 2014                  Evelyne Trân

 

 

              

 

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