LE CAVALIER SEUL DE JACQUES AUDIBERTI – Mise en scène Marcel Maréchal – au Théâtre 14 – 20 Avenue Marc Sangnier 75014 PARIS – Du 22 Mai au 25 Juillet 2014 –

le cavalier seul

Avec

Marina Vlady, Marcel Maréchal, Emmanuel Dechartre,

Mathias Maréchal, Antony Cochin, Michel Demiautte,

Nassim Haddouche, Céline Martin Sisteron et Julian Peres

 

Le cavalier seul à l’époque des croisades qui part pour Jérusalem en passant par Byzance, n’est-ce pas AUDIBERTI lui-même qui chauffe à blanc ses souvenirs d’épopées grandioses rapportées entre autres par Chrétien de Troyes.

 Le jeune et sémillant Mirtus, soit qu’il soit sorti de la cuisse du fier  et austère Perceval en quête du graal, soit qu’il ait rencontré un parent de Rabelais à Toulouse, sa terre natale, se présente comme un jeune homme de bonne famille, qui quitte le foyer, poussé par un urgent besoin d’aventure et pour qui la croisade n’est qu’un prétexte de bon aloi.

 Il n’empêche, Mirtus n’a pour bagage ou blanc-seing que son arrogant foulard de croisé et quelques rudiments bibliques, en somme une sorte de passeport qu’il brandira tout le long de son périple à ses hôtes orientaux, lors de joutes philosophico-politico religieuses ahurissantes.

 C’est l’occasion pour Audiberti de mettre à l’épreuve certains dogmes de la religion chrétienne de façon totalement burlesque notamment lorsque Mirtus enjoint le plus sérieusement du monde un autocrate digne du Roi Ubu à ne pas se dérober au sacré coït conjugal.

 Nous l’avons compris Mirtus aime les femmes, aime la vie et il a beau dégainer dès lors que sa susceptibilité religieuse est attaquée, l’incompétence de ses agresseurs finit par mettre en débandade ses attributs catholiques.

 Pourtant toujours à la  recherche du sépulcre, Mirtus rejoint Jérusalem en pleine guerre, et fait une rencontre providentielle.Un homme  se présente à lui comme étant Dieu  à travers un discours prophétique. Mais peu de temps après, voilà ce même homme qui hurle sa souffrance sur un poteau de torture.

 Cette vision d’horreur suffira à détourner le regard de Mirtus  du dogme du péché et des hérésies  religieuses sous couvert desquelles, des hommes se massacrent. D’instinct, il se révolte et c’est cet instinct qui mêle l’esprit  et la chair qu’Audiberti exprime avec fièvre dans une pièce drôle, épique et bouleversante.

 Audiberti s’était adressé au jeune Marcel MARECHAL en 1963 pour monter cette pièce. Cinquante ans ont passé, la pièce ni le metteur en scène, ni le comédien n’ont vieilli. Sans doute parce que la langue d’Audiberti est d’une liberté incroyable et que Marcel MARECHAL l’a vraiment dans la peau.

 Les costumes extravagants et cocasses sont une joie pour l’œil, tous les comédiens excellents. Le cœur ne peut s’empêcher de sourire en revoyant Marina VLADY, notre Joconde audibertienne. Mathias MARECHAL, le fringant Mirtus est particulièrement séduisant et Emmanuel DECHARTRE saisissant en homme-dieu.

 Voilà un spectacle vraiment réjouissant, baroque et surréaliste intemporel. Comme la fée électricité de Raoul Dufy, Audiberti c’est le cavalier seul qui n’a d’autre fer de lance que son imagination visionnaire. Il faut se laisser  surprendre et emporter, c’est libératoire !

 Paris, le 25 Mai 2014                   Evelyne Trân

 

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