Le jardinier de la mer rouge / Théâtre de Charenton – Petit T2R – Du Mardi 20 au Samedi 31 Mai à 20h30 & Dimanches 25 Mai et 1er Juin 2014 à 16h

P.S. : Gérald DUCHEMIN, Bruno BERNARDIN, Caroline ROUCOULES, Flavie AVARGUES étaient les invités de l’émission « DEUX SOUS DE SCENE » du Samedi 24 Mai 2014 sur Radio Libertaire (en podcast sur le site grille des émissions de Radio Libertaire 89.4 )
 
 
Compagnie Les Apicoles* • De Gérald Duchemin et Rémy Jousse • 
Mise en scène Bruno Bernardin • Collaboration artistique Caroline Roucoules • 
 Avec Flavie Avarguès Caterina Barone Benoit Gourley, Yves Javault Hervé Masquelier • Scénographie Cie Laforaine – Linda Hede & Eric Broissier • Bande sonore et musicale Paulin Khoshkbari & François Marnier • Création lumière Maria Barroso avec le soutien de l’équipe technique des Théâtres • Attachée de presse Elodie Kugelmann.

 LE JARDINIER DE LA MER ROUGE

 

Le Jardinier de la mer rouge, le titre de la pièce de Gérald  DUCHEMIN et Rémy JOUSSE, illustre d’emblée l’état d’esprit de ses auteurs, les pieds sur terre et cependant capables de s’immerger ailleurs, serait ce jusqu’à la mer rouge.

 La pièce se présente comme une intrigue policière à partir d’un fait divers qui va bouleverser la tranquillité apparente ou l’inertie d’une commune, Loches en Touraine dans les années 70 : le jardinier d’une institution psychiatrique enlève un jeune adolescent autiste.

 L’enquête confiée à un juge d’instruction proche de la retraite entraîne les spectateurs dans les coulisses, des institutions, celle de la justice, celle de la psychiatrie. Comme dans les romans de Simenon ou les « Cinq dernières minutes » du Commissaire Bourrel, il s’agit pour les auteurs de prendre le pouls d’une société à un moment donné, d’un point de vue humain et hors la loi d’une certaine façon.

 Au fur et à mesure de l’enquête, les spectateurs découvrent que tous les personnages sont plus ou moins concernés de près ou de loin par la disparition du jeune autiste.

 Quelle est la place des malades mentaux dans nos sociétés ? Cette question résonne avec acuité dès lors que nous prenons conscience que celui qui est étiqueté malade mental fait si  bien partie de notre monde qu’il peut être un frère, une sœur, un enfant et serait-il un étranger que cela signifierait que nous prenions la posture d’étrangers vis-à-vis de lui.

 Non les individus, les citoyens ne peuvent pas se cantonner aux rôles qui leur sont assignés dans la société. En tout cas, c’est ce que pense le jardinier respecté et apprécié par tous. Certes sa réponse à une situation impossible est violente mais elle traduit réellement le sentiment de tous ceux qui ont eu l’impression de se battre contre des murs pour faire évoluer les conditions de vie des handicapés mentaux.

 La pièce montre comment chacun des protagonistes, le juge, la  greffière, le gendarme, la juge, la mère célibataire et comédienne doivent déborder de leurs rôles pour communiquer entre eux, parce que chacun a une histoire, chacun est amené à s’interroger sur l’autre pour sortir de sa propre bulle.

 S’agissant d’une intrigue policière, nous ne dévoilerons pas toute la trame qui témoigne aussi de la friction entre le ressenti, l’imaginaire et la froide réalité. L’émotion, le raz de marée des souvenirs, des brûlures de la vie forment un brouillard suggestif et complexe.

 L’atmosphère pesante et étriquée d’un bureau de juge où les plantes ont dû mal à survivre, est fort bien rendue. Le metteur en scène semble vouloir faire prendre leur temps aux protagonistes pour s’exprimer. Les comédiens nous rappellent le côté nature des interprètes des « Cinq dernières minutes » à l’époque de l’ORTF. Nous sommes loin des sitcoms ou des romans photos où chaque plan défile artificiellement.  

 Les auteurs refusent l’artifice. Ils tiennent à rappeler que leur combat a trouvé une issue grâce à une résistante Marie-Madeleine DIENESCH à l’origine de la Loi du 30 Juin 1975 en faveur des personnes handicapées.

 Alors, si le retour à l’histoire de la Résistance à travers le long récit du gendarme n’est pas évident, il rend compte des idéaux moraux du jardinier et de son complice.

  Le combat continue nous disent les auteurs du Jardinier de la mer rouge. Cette mer rouge, ce jardin de la mer où un enfant bédouin autiste rencontra un dauphin. Et,  ce n’est pas un conte, c’est un chemin de vie et d’espérance, d’humanité tout simplement. Sommes-nous juge, jardinier, parent d’enfant handicapé, bourreau ou victime, résistant ou lâche, désespéré ou combatif, ignorant ou indifférent, peut être tout à la fois. Le jardinier de la mer rouge nous interpelle profondément !

 Paris, le 24 Mai 2014          Evelyne Trân

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s