Esquisse d’un portrait de Roland Barthes par Simon EINE – Lundi 10 mars 2014 à 19h – Au théâtre du Vieux Colombier 21, rue du Vieux Colombier 75006 PARIS

simon BIS

On ne se lasserait pas d’écouter Roland BARTHES. Quelle étrange sensation, entrée, sortie dans un texte de Roland BARTHES. Son livre, « le Degré zéro de l’écriture » fut un livre de chevet de mon adolescence, une porte sur le rayonnement des sens de l’écriture, ce genre de porte entrebâillée qui vous laisse pantois, ensoleillé, submergé de reconnaissance d’avoir été invité à partager des découvertes inimaginables.

 Ecrire c’est une aventure et à mon sens si un écrivain n’est pas porté par un souverain désir d’inconnu, s’il n’a pas l’ambition d’être l’autre pour autrui, c’est-à-dire  de le surprendre comme il a besoin d’être surpris lui-même, il se fige dans la solitude comme une statue qui attendrait au fond d’une église ou une place de village d’être regardée, touchée par quelqu’un .

 Roland BARTHES a une façon de se dévoiler en parlant des écrivains, qui fait qu’en le lisant on n’a pas seulement l’impression d’avoir affaire à un théoricien, un analyste aigu du langage mais surtout à un « cristalliseur » de mots capable de les aimer, de les couver, comme un jardinier entendrait pousser ses fleurs.

 Simon EINE nous a conviés à un voyage ayant pour orbite un passionné des livres, Roland BARTHES, en offrant sa voix à une écriture passionnante puisque toujours sur le fil de l’intériorité, elle reconduit les perceptions venues de l’extérieur, un peu comme si l’auteur racontait tout à travers le ventre d’une mère. Ce chemin de l’intérieur à l’extérieur, il n’y a que la voix pour l’exprimer. Lue à voix haute par Simon EINE, l’écriture de Roland Barthes témoigne d’une vivacité, pugnacité, renversantes.

 A la lumière de ce grand serviteur des mots, le comédien Simon EINE,  l’écriture à haute voix, ce concept imaginé par Roland BARTHES devient organique et la fusion s’opère un peu comme si un acteur faisait  l’amour avec l’auteur dont il lit les textes, invoquant cette relation charnelle obligée avec un texte qui  n’appelle que la jouissance de celui qui le  lit, de celui qui l’entend, pour exister.

 Simon EINE peut se réjouir d’avoir été le passeur de Roland BARTHES sur la scène du Vieux Colombier, en manifestant au-delà de l’exégète du langage, les passions, l’humour d’un écrivain, qui n’a pas peur des mots car « Ca jouit », mesdames, messieurs, au théâtre, ça jouit !

 Paris, le 22 Mars 2014                            Evelyne Trân

 

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