Je dois tout à ma mère de Philippe HONORE au Théâtre du Lucernaire 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS

JE DOIS BIS

 

Comment une toute petite phrase peut déclencher un tsunami chez un homme placide, habitué à rester dans l’ombre.

François FRIN, la quarantaine n’est nullement un être colérique . C’est le genre de personne qu’on dit à l’ouest, dans la lune. Or l’énormité de la phrase « Je dois tout à ma mère » qui sort tout droit de la bouche d’un bellâtre se pavanant à la télévision, suffit à provoquer la bouffée délirante de François, objet du spectacle.

Dans l’imaginaire, tuer sa mère, après tout ça n’est pas plus grave que tuer le père. Si François FRIN divague soudain bercé par la décision de « buter sa mère » tyrannique, il n’ a pourtant pas l’air d’un psychopathe.

Philippe HONORE laisse planer le suspense pendant toute la pièce, parce qu’il s’agit du passage à l’acte comme le saut dans le vide, d’un quidam exalté par la sensation de sortir de l’ordinaire en devenant assassin, en rencontrant un tueur à gages, et en éprouvant tel le Raskolnikov de Dostoïevski , les affres du remords.

Tout cela est exprimé très drôlement par Philippe HONORE qui joue comme dans une cour de récréation tous les personnages, la mère, le tueur à gages, l’ami etc. A vrai dire sa pièce c’est du pain béni pour les psychanalystes amateurs de transfert.

Transfert réussi mais nous ne vous dirons pas comment sinon que la mutation aura lieu et qu’après avoir commis le péché d’injure vis à vis de l’auteure de ses jours, « Je veux buter ma mère » avec une vulgarité désarmante, François FRIN/Philippe HONORE se condamnera au plaisir d’interpréter « Je dois tout à ma mère »

Un débriefing complètement amoral, borderline. Non le fils à maman n’y va pas de la main morte pour juguler une allergie ombilicale, une névrose infantile, tel un nourrisson ligoté par d’infernales cordes oedipiennes.

Nous parierions que ce personnage avec beaucoup plus d’humour que l’étranger de Camus jouit de ne pouvoir jurer que par sa mère pour le meilleur et pour le pire comme dans un mariage. Alors, ne nous mettons pas en peine, rions !!!

Paris, le 17 Mars 2014          Evelyne Trân

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