Je marche dans la nuit par un mauvais chemin Texte et mise en scène par AHMED MADANI au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de VINCENNES du 14 Mars au 13 Avril 2014

JE MARCHEDe Ahmed Madani

Avec Vincent DEDIENNE et Yves GRAFFEY

La pièce met en scène la rencontre entre un adolescent et son grand père. Nous assistons à un huis clos entre deux personnes qui au début s’affrontent plutôt violemment et puis finissent non seulement par s’apprivoiser mais à s’éclairer l’un et l’autre. D’où sans doute le titre tiré d’un vers de Lamartine « Je marche dans la nuit par un chemin mauvais ».

« Mais qu’est-ce que je fous là ? » hurle l’adolescent habitué à se vautrer devant la télé et sommé par le vioque à débroussailler le jardin.

Il est si ténu ce fil qui se balance invisible entre une personne en fin de vie et un jeune au commencement que c’est dans le tissu des voix qu’il se manifeste. Car les voix au fur et mesure comme si nous assistions à un coucher ou lever du soleil se recouvrent pour ne plus former qu’une même tache d’huile.

Des voix qui doivent trouver le chemin parce qu’elles sont restées confinées dans les broussailles, parce qu’elles n’ont pas cru pouvoir être entendues.

Visuel 1 © Antonia Bozzi

Photo Antonia BOZZI

« Comment se fabrique un homme ? » telle est un peu la question d’Ahmed MADANI. Le vieux peut-il se cantonner au « Moi, je » face à l’adolescent qui ravive sans le savoir ses souvenirs de jeunesse.

A travers le personnage du vieux qui va confier à son petit-fils, le drame de sa vie, un acte de torture qu’il a commis vis-à-vis d’un jeune homme pendant la guerre d’Algérie, Ahmed MADANI fait écho aux confidences d’un ami qui l’ont bouleversé.

Est-il vraiment possible de transmettre son histoire à autrui ? Pourtant c’est une question d’existence, le vieux et le jeune sont présents face à face. Pourquoi se comporteraient-ils comme des meubles qui n’ont rien à se dire, après tout ne touchent-ils pas la même pierre touchée par le soleil.

Visuel 5 © Antonia Bozzi

Photo Antonia BOZZI

Parce que le vieux s’est dévoilé, le jeune pourra dessiller son regard, au-delà des apparences, comprendre la place qu’il a sur terre après le parcours de ses parents. Une place qui prend tout son sens quand le vieux lui passe le témoin.

Dans cette pièce sur la transmission, remarquablement interprétée par les deux comédiens, Yves GRAFFEY et Vincent DEDIENNE, c’est le cœur qui parle simplement. En accord avec une mise en scène dépouillée, tout juste suggestive, sans  fioritures, sans effets littéraires, l’écriture d’Ahmed MADANI, parlée, se frictionne dans l’air, se donne en chemin, pour mettre en valeur davantage que les mots, les soupirs d’âme de ceux qui les prononcent. Dans « Je marche dans la nuit par un mauvais chemin », le vieux qui vient taper sur l’épaule du jeune homme, annonce le jour.

Paris, le 16 Mars 2014     Evelyne Trân

 

 
 

 

 

 


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