KNOCK OU LE TRIOMPHE DE LA MEDECINE de Jules ROMAINS – Mise en scène : Olivier MELLOR au Théâtre de l’épée de Bois – CARTOUCHERIE DE VINCENNES – Route du champ de Manoeuvre 75012 PARIS – Jusqu’au 23 Février 2014.

knock-ou-le-triomphe-de-la-medecineAvec Stephen Szekely, Rémi Pous, Jean-Christophe Binet, Vincent Tepernowski, Dominique Herbet, Valérie Jallais, Marie-Laure Boggio.

Le Docteur KNOCK nous donnera toujours la chair de poule. Jules ROMAINS a créé la pièce éponyme en 1923 et l’a dédiée à Louis JOUVET qui la mit en scène et interpréta le rôle-titre au théâtre et au cinéma.

 De sa création à nos jours, l’espace d’un siècle, la pièce qui tient de la fable continue à nous interpeller au plus fort de notre inconscient collectif. Au Moyen Age, faisait-on la différence entre guérisseur, sorcier et médecin ?

 Nous attendons des médecins qu’ils guérissent tous nos maux mais nous restons complètement démunis  face à leur savoir, de sorte que la confiance reste de mise. Elle peut tourner à la crédulité dès lors que des charlatans qui n’ont cure du serment d’Hippocrate, usent de leur charisme, profitent de l’ignorance de leur clientèle pour prescrire n’importe quelle potion magique, assurés  que ce n’est pas tant le remède qui compte que son effet placebo.

 Disposant d’un  flair psychologique à toute épreuve, Le Docteur KNOCK sait qu’un patient est un humain qui n’entend bien que ce qu’il veut entendre. Il lui donc est loisible de flatter ses patients aussi bien les vrais malades que les hypocondriaques et donc tout le monde pour accroître sa clientèle.

  Avec un sens inné de l’art publicitaire et commercial, le Docteur KNOCK séduit tout un village, qui se laisse berner en souriant en vertu  de la loi de la chaine alimentaire, la meilleure qui soit, puisque le médecin en s’enrichissant, enrichit la commune et les notables, le pharmacien, l’hôtelier etc. Comment aller à l’encontre des réalités commerciales ? Il est heureux que les gens meurent de toute façon, faute de quoi, il faudrait les faire mourir pour que continuent à s’épanouir les entreprises de Pompes funèbres dont les enseignes s’affichent régulièrement  sur nos postes de télé.

 Le propos de Jules ROMAINS n’est pas seulement cynique, il est fort réaliste car nous sommes toujours aussi bêtes, victimes des pilules aphrodisiaques  de la publicité toujours plus envahissante et il n’y a pas de quidam qui y échappe.

 Dans une mise en scène très colorée, qui s’attache à restituer la naïveté encore bon enfant des villageois et du vieux médecin  pantouflard PARPALAID, le distingué Docteur KNOCK, incarné très justement par Stephen SZEKELY, devient un homme- machine, réglé sur une seule note, le commerce, le commerce et encore le commerce !

 Et quand la cruauté culmine et que nous songeons aussi bien à IONESCO qu’à Alfred JARRY, les comédiens aiguisent leurs violons aux airs nostalgiques, égarés sur la place du marché, rêvant de poésie, d’amour et d’eau fraiche .

 Très pertinente, la mise en scène d’Olivier MELLOR réussit à faire valser les cœurs entre effroi et sourire, servie par une jolie distribution, qui reflète comiquement avec plusieurs couleurs, ce drôle d’éventail humain que brandit Jules ROMAINS, sinon pour nous rafraîchir, nous faire respirer…

 Paris, le 9 Février 2014            Evelyne Trân

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