FUREUR de Victor HAÏM – Mise en scène : Stéphanie WURTZ – Distribution : Benjamin BOLLEN – Du 9 Septembre 2013 au 17 Mars 2014 – Les lundis à 19H 30 – au Théâtre de l’ESSAION – 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS

P.S : Victor HAIM et Benjamin BOLLEN sont les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE, sur RADIO LIBERTAIRE 89.4, en 1ère partie, le samedi 21 Septembre 2013 de 15 H 40 à 17 H. 

S’est il égaré sur la scène de l’imagination  de  Victor Haïm, ce chef d’orchestre déjanté que nous avons connu interprété par son auteur lui-même ?

 Sous des dehors grotesques, le monologue du chef d’orchestre  qui laisse éclater sa colère à l’encontre des musiciens qui l’ont mis à la porte, est aussi pathétique  et ahurissant qu’une course contre la mort.

 Comme s’il n’avait plus rien à perdre sans doute, le chef d’orchestre se livre à une sorte de strip-tease où il confond tout, lui et les autres, avec pour seule baguette une énergie dévorante, ourdie par sa colère mais aussi des blessures de parcours.

 Au cours de ce strip-tease judicieusement agrémenté de morceaux de musique (Beethoven, Mahler, Bach, Strauss, Verdi etc) ce chef « innommable »  évoquera son enfance, sa mère, ses conquêtes, en réglant son compte au passage avec son milieu où l’argent serait la seule devise.

 Pour un texte « monstrueux » qui regorge d’invectives et qui soulève beaucoup de lièvres,  il fallait un comédien « monstrueux ». Benjamin BOLLEN qui incarne ce chef d’orchestre avec une juvénilité désarmante, est stupéfiant.

 Les bouffées délirantes dont semble souffrir son personnage, galvanisent le comédien qui, à lui tout seul, délivre un véritable festival de mimiques, de drôleries avec une joyeuse appétence.

 Il invente le personnage sous les auspices d’une folie qui doit tout transgresser. Celle folie, c’est la passion de la musique : il voit et il jouit même sexuellement avec les yeux de la musique.

Du coup, on comprend mieux sa colère contre les musiciens, parce qu’elle témoigne d’un sentiment d’impuissance désespéré, exaspéré : l’infiniment petit face à l’infiniment grand.

 La metteure en scène Stéphanie WURTZ privilégie l’invention chez le comédien qui compose un personnage hors normes, endiablé, qui n’a que faire de la psychologie, et semble sortir de la baignoire imaginative de Victor HAIM, frémissant de vitalité, sous les bulles d’injures qui craquent sous les dents et du bon savon onirique. Dans le fond c’est la fureur de vivre qu’il incarne, plus que celle de maudire.

 Voila un spectacle en forme de feu d’artifice qui révèle un comédien phénoménal Benjamin BOLLEN et rend grâce aux vertus de la colère même textuelle. Oh, ce féroce humour qui déride les fesses !  C’est super !

 Paris, le 18 Septembre 2013               Evelyne Trân

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