TRATTATO DELLA LONTANANZA par la Compagnie ZEROGRAMMI le 12 Juillet 2013 au château d’AGLIE- Création in situ – Première Italienne –

Les danseurs de la Cie ZEROGRAMMI n’entendent pas meubler le vide, ils donnent l’impression de le laisser échapper d’eux-mêmes pour ouvrir l’espace.

 Chacune de leurs interventions vis-à-vis de leurs partenaires tiennent du mime mais c’est en solo que chacun donne la mesure de son chant propre.

 A  les voir, le spectateur peut se remémorer le manège de moineaux devant des miettes de pain et se souvenir comment l’envol inopiné  et pourtant prévisible d’un de ces oiseaux peut le surprendre pendant sa contemplation.

 Les mouvements d’attraction et de répulsion qui vrombissent les corps des danseurs parlent toujours de communion et de solitude, du désir de l’autre et de sa peur.

  Il se dégage de leur corps parlants un langage propre à engager le dialogue avec les pures sensations du  toucher et au-delà,  dans la mesure où l’exploration peut se révéler aussi bien embarrassante, contrariée que limpide.

  Les danseurs de la compagnie ZEROGRAMMI sont des poètes qui s’ignorent, des Pierrots lunaires qui ont oublié jusqu’à leurs noms. Du moins le prétendent-ils car ils scrutent l’involontaire, ce qu’il y a de plus démuni, de sot, de naïf, de rustre dans leurs élans,  pour retrouver la grâce.

 Car l’inouï, la grâce dépend sans doute de cette aptitude à laisser parler tous les feuillages de son corps, le temps d’un oubli.

 Ils s‘oublient donc ces danseurs, vulnérables, dans le poème de leurs affrontements, leurs retrouvailles, leurs cassures, leur désarroi. Ils repoussent la logique narrative qui entend qu’il y ait un début,  une fin.  Ils préfèrent l’attente et la surprise même s’il peut s’agir d’une déconvenue.  Ils ont supprimé le téléphone.

 Mais le spectateur y gagne un espace de rêverie lumineux où lui même s’il lui prend de s’oublier, volerait jusqu’au plafond superbe de la salle du château d’Aglié pour décrire ses peintures doucement naïves. Comme si toutes les figures de ces danseurs s’étaient échappées du rêve de l’albatros de Baudelaire pour enchanter  le château. Quel bonheur !

 Paris, le 13 Juillet 2013                                      Evelyne Trân

 

 

              

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