FRACAS d’Oliver BRUNHES avec « L’improbable troupe » de l’Art Eclair au GRAND PARQUET- Jardins d’Eole – 35 rue d’Aubervilliers 75018 Paris –

Artistes :   Siopi, Baptiste Amann, Sacha Bourdo, Olivier Brunhes, Thomas Caspar, Bastien Courthieu, Nathanaël Favory, Christelle Journet, Frédérique Keddari, Kemso, Olga Kovalesky, Tom Menigault, Emmanuel Nguyen Ngoc, Nadia Sadji, Sandra Sainte Rose, Alice Varenne, Séverine Vincent, Vincent Winterhalter Metteur en scène : Olivier Brunhes

Quand chaque visage devient un tissus voyageur et que nous voudrions nous rappeler que dans certaines circonstances de la vie, nous sommes seuls en scène et que nous pouvons être là debout comme des aveugles parce que nous ne nous voyons pas nous-mêmes, et pouvons imaginer nos mains en train de s’approprier notre visage, le toucher, le remuer , le tâter, de façon à laisser passer , ne serait-ce qu’un instant, cette vérité pour soi et pour les autres qui sort du trou. On l’appellera présence.

 Dire «je » au présent, voilà ce que nous offre le théâtre. Quand ils touchent le ciel avec leurs doigts, les comédiens nous rappellent comment sans nous en rendre compte, nous marchons à l’intérieur d’un sable mouvant . Cela n’est pas invraisemblable de vouloir dire non à des réalités qui offensent notre nature. Etrange tout de même que l’eau des mots puisse continuer à faire circuler le savoir des êtres prisonniers du mur d’en face où l’on jette à la poubelle, tout ce qui crie trop,  ne rentre pas dans les normes .

 Inventer  cela signifie trouver, c’est aller chercher au bord du trou, ce qui peut encore parler, ce qui peut encore sortir et qui va l’oser comme un papillon de nuit, certes fragile, mais démesurément riche de sa sensibilité essentielle, être, être simplement.

 Dans ce spectacle, c’est le corps qui appelle les mots, qui les libère. Nous avons nous spectateurs autant que les comédiens  besoin des paroles pour forcer notre imaginaire. C’est-à-dire qu’à travers le dire, le rapprochement est possible entre soi et le monde mais avons-nous conscience, malgré tout combien nous pouvons être éloignés mentalement, moralement des autres, enfermés que nous sommes dans nos protections.

 Les accidentés de la vie, c’est nous-mêmes, regardés de dos sauf qu’au théâtre, ils se montrent de face. Leurs préoccupations, leurs angoisses, ce sont celles de tout être humain en quête d’amour, de reconnaissance, en quête de sens. La peur du vide, c’est la solitude, le manque de repères. Aujourd’hui, on a le portable, le téléphone, la télévision mais qui sait encore parler avec les arbres, les oiseaux, qui sait regarder une flaque d’eau, qui prend le temps de regarder le visage d’une caissière au supermarché ?    

 Que sommes-nous en train de devenir ? Il y a du devenir en action ou tout simplement de la certitude d’être et de pouvoir, seulement en ouvrant les yeux, quelqu’un qui invente, qui crée dans le mouvement ce que lui dicte son corps apprivoisé, écouté, reçu par d’autres âmes dans d’autres corps.

 Parce que l’écorce des êtres parle, on y entend l’illumination des   visages, et cela est extraordinaire. Cette  fulgurance épanouie parce qu’acceptée, celle de toucher une pierre chaude de soleil, émeut comme  la vision d’un oiseau dans le ciel, sauf qu’il s’agit d’hommes et de femmes qui parlent pour nous.  Quelle chance, quelle rencontre !  Merci les comédiens, merci Olivier BRUNHES !

  Paris, le 22 Juin 2013             Evelyne Trân

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