LE MEDECIN MALGRE LUI de MOLIERE – LOS ANGELES 1990 – au Théâtre du Lucernaire 53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS du 29 Mai au 24 Août 2013

Mise en scène : Quentin Paulhiac et Aurélien Rondeau Avec : Augustin de Monts ou Florent Chesné / Sophie Staub ou Amandine Gaymard ou Caroline Anglade / Lydia Besson / Sébastien Faglain / Jérôme Rodriguez ou Benjamin Bourgois / Michael Cohen ou Pierre Khorsand / Aurélien Rondeau ou Hugo Horsin

« Le Médecin malgré lui » est une petite pièce de Molière où il régle ses comptes avec les médecins. Son écriture étonnamment moderne a dû inspirer des humoristes tels que Coluche.

 Il s’agit d’une comédie très légère où à coups de crayon incisif, Molière dénonce le charlatanisme, les mariages d’argent, l‘avidité des bourgeois etc. Il parle même des femmes battues.

 C’est tout de même la marque de Molière de réussir à être léger en orchestrant la bouffonnerie de tous ses personnages.Même s’il est grossier et brutal et  quelque peu ivrogne, Sganarelle, le médecin malgré lui, ne manque pas d’esprit. Il ne lui suffit pas de grand-chose pour retourner les situations les plus absurdes à son avantage et déclencher le rire du public.

 Le collectif LE PACK a choisi de transposer cette comédie dans la jungle urbaine américaine des années 90. Dans les bas-fonds de Los Angeles, Sganarelle a l’allure d’un sdf qui vit de petits larcins, se drogue, boit tant qu’il peut et bat sa charmante épouse. Puis changement de décor, Sganarelle qui doit officier en tant que médecin se retrouve dans un salon bourgeois américanisé et quelques clichés, un rideau en plastique où trône John Huston, un générique de feuilleton, tiennent lieu d’ambiance.

 S’agit-il d’une référence aux fast food importés d ‘Amérique ou d’une tentative d’exporter Molière aux Etats Unis ? Jouent-Ils Molière dans ce pays de cowboys ?

 A vrai dire le personnage de Sganarelle, grossier et finaud à la fois est suffisamment universel pour se prêter à tous les chantages qu’ils viennent d’Afrique ou d’Asie. Molière peut ronronner en paix, il sera toujours d’actualité.

 Cela dit, comment se passer de la langue de Molière, c’est quand même elle qui nous fait rougir, qui fait remuer nos papilles.  

 Sganarelle évidemment est assez fou pour oublier son identité moliéresque et son interprète réussit à le représenter complètement déjanté, assailli de tics d’alcoolique.

 Dans le fond, nous imaginons fort bien Sganarelle en train de relire « Le médecin malgré lui » sur l’étiquette d’une boisson alcoolisée, en prise à un délire éthylique, bombardé d’hallucinations où s’enchevêtrent dans le désordre ses rêves d’Amérique, les plus fumeux soient-ils.

  Molière continue à nous faire rire, alors pourquoi pas. Les puristes n’ont qu’à bien se tenir. Tout de même, nous voilà à l’aube du 2ème millénaire, et Molière doit rattraper le temps perdu. Au Lucernaire il a déjà atteint les années 90. Nous attendons vaillamment  son odyssée de l’espace.

 Paris, le 8 Juin 2013          Evelyne Trân

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