A propos de l’aquoibonisme

A quoi bon écrire des petits poèmes qui ne changeront pas le monde ? A quoi bon rêver ? A mon sens, ce que l’on estime bon pour soi ne l’est pas forcément pour les autres. Il faut se garder de ramener aux autres sinon pour témoigner,  la perception que l’on peut avoir du monde, en dépit de son bagage intellectuel, de ses connaissances. Nous ne pouvons-nous départir de notre subjectivité. L’objectivité est un leurre.

Si beaucoup de gens s’accordent à penser que nous vivons dans un monde malsain où l’inégalité règne, où l’homme reste un loup pour l’homme et si nous entendons œuvrer contre l’injustice et refaire le monde pour qu’il devienne un paradis sur terre, qui s’élèverait contre cette pensée humaniste, sinon les sceptiques et ceux « qui ne pensent qu’à leur gueule ».

L’humanité est riche de la diversité des hommes qui la composent; la notion de paradis n’est pas la même pour un enfant, un adulte, un vieillard. Pourquoi ? Parce que la conscience d’un individu s’éprouve, se ramifie tout au long de sa vie et qu’il doit nécessairement s’adapter à son environnement. Il faut prendre du recul pour ne pas confondre avec l’environnement dans lequel on baigne, ce qui relève de ses propres émotions, de ses affects, de son histoire individuelle.

Cela ne signifie pas qu’un individu n’ait pas son mot à dire dans la société, dès lors qu’il s’éprouve rejeté, étouffé par des rapports de force qui le dépassent.

Il est important qu’un individu puisse croire que sa pensée est nécessaire à la société dont il fait partie. Elle est nécessaire parce qu’elle n’est pas figée, qu’elle est en mouvement, qu’elle se cherche, qu’elle peut refuser de se retrancher derrière des dogmes, des conventions, des superstitions, des préjugés, qui nous sécurisent mais sont aussi des barreaux auxquels se heurte la liberté de conscience.

Il y a des gens qui n’ont pas le temps de penser, il y en a d’autres qui éprouvent le besoin de se remettre en question, parce qu’ils prennent conscience du fossé entre leur raison d’être, leurs sentiments et ce qu’ils observent de toutes parts, la misère, l’injustice, la tristesse.

La société de consommation est de nature à endormir, les capacités réactives de tout individu. La conscience d’un individu est limitée dans le temps, et un homme ce n’est pas seulement quelqu’un qui pense, c’est aussi un animal qui obéit depuis des millénaires à des réflexes organiques de conservation.

Ne demandez pas à un homme de se couper les bras, les jambes et de devenir chaste pour mieux penser. Combien de siècles pour permettre à une montagne de s’élever dans le paysage ?

L’homme va-t-il accepter de devenir un robot dont toutes les pensées auront été programmées sans espoir d’évolution.

Des voix s’élèvent contre ce danger. Nous ne connaissons pas la suite de l’histoire de l’homme, nous savons seulement, que chaque voix compte et comptera pour qu’il puisse répondre simplement OUI à la vie.

Paris, le 6 Janvier 2013                           Evelyne Trân

 

 

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