VITE, RIEN NE PRESSE ! de VINCENT ROCA au Petit Hébertot – Mise en scène de GIL GALLIOT- Tous les dimanches à 17 H 30 jusqu’au 24 Février 2013 –

Lumières : Philippe Quillet / Décor : Niels Zachariesen Musiques originales : Pascal Lafa

Qu’est-ce qui fait donc courir Vincent ROCA dans la petite salle du Petit HEBERTOT qui ouvre ses portes tous les dimanches à cet orateur peu ordinaire ?

Sont-ils venus écouter quelque prêche, tous ces spectateurs bien assis qui ont entendu dire que l’homme en question semait la bonne parole ?

 Nous imaginerions bien Vincent ROCA, enfant, l’oreille en alerte, agenouillé sur un prie dieu, pendant le sermon du curé, à la messe du dimanche soir. Pour être à ce point imbibé du mystère des mots qui s’égaillent au-dessus de nos têtes, il faut avoir été piqué par eux, et par la grâce d’une illumination, les avoir confondus avec les abeilles qui tourbillonnent autour d’une ruche.

 Vincent ROCA est un poète converti en humoriste. Il  cultive les mots   comme d’autres cultivent le maïs ou le blé. Et, il sait que ce n’est pas si simple de laisser champ libre aux mots pour qu’ils vous rapportent quelque chose d’inconnu, capable d’étourdir notre raison, et de déshabiller quelque peu la conscience qui tourne en rond sur elle-même comme notre bonne terre.

 « Déshabillez-moi » semble dire au baroudeur de charme, la déesse de la langue française, couverte de lauriers. Vincent ROCA s’emploie à ce strip-tease avec délicatesse et savoir-faire d’horloger.

 Comme nous n’avons pas l’intention de déflorer le spectacle avant qu’il ne soit consommé, nous dirons simplement que Vincent ROCA est un animal de scène, hybride, tantôt preux chevalier, tantôt canaille, tantôt brodeur berger à la claire fontaine. Certains morceaux de bravoure sont de nature à faire vibrer les oreilles les plus sourdes. Il se fût bien entendu avec Victor Hugo quand ce dernier se battait contre la peine de mort. Il y a chez lui quelques gênes de Ruy Blas et de Cyrano.

 Mais enfin, c’est la peine de vivre qu’il défend en riant en passant sous les fuites d’eau que quelques grossières mais belles bassines recueillent sur la scène. Que faire contre les fuites d’eau, rien. Vincent laisse passer le temps et les mots qu’il ravive à sa gourde enchantée.

Oh ces mots qui s’échappent de votre bouche comme des anguilles, des serpents, sachez les apprivoiser, et les couper en quatre, en mille, s’il le faut, ils sauront vous séduire comme Vincent ROCA, subtilement mis en scène par Gil GALLIOT, subversivement intemporel.

Paris, le 30 Novembre 2012                 Evelyne Trân

 

 

 

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