A L’AFFICHE DU THEATRE DU LUCERNAIRE – THEATRE ROUGE – LA CHAIR DE L’HOMME – DIAGONALE 1 – avec Marc-Henri LAMANDE – 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 PARIS – Du 3 octobre au 18 novembre 2012

Du 3 octobre au 18 novembre
Du mardi au samedi à 21h30 et dimanche à 15h
Auteur : Valère Novarina
Mise en scène : Marc-Henri Lamande
Avec : Louise Chirinian, Marc-Henri Lamande, Marc Roques
Durée : 1h10

Marc-Henri LAMANDE était invité à l’Emission DEUX SOUS DE SCENE de Radio Libertaire le samedi 13 Octobre 2012 (émission que vous pouvez écouter sur le site de Radio Libertaire) Ci-joint :  EXTRAIT INTERVIEW MARC-HENRI LAMANDE

Vais-je nommer les choses ? Les choses vont-elles se dénommer ? Le rapport qu’entretient l’homme écrivain avec le langage est-il fusionnel, évènementiel, extatique ou tout simplement absurde au sens brutal parce qu’imaginaire ? Une chose au moins est sûre c’est que les mots passent par le corps qui augure, c’est sa première qualité, ses entrées et ses sorties.

Valère NOVARINA parle une langue étrangère aux motifs singuliers pour les profanes. Mais nous portons tous en tant qu’individus uniques une langue singulière, un corps singulier, le nôtre. Ainsi le mot chair n’a de réalité que celle que nous lui prêtons; l’intention, le geste, la désignation importent davantage que le mot lui-même qui est une convention.

En ce sens, l’écrivain est celui qui explore les conventions du langage un peu comme un casseur de noix qui veut retrouver l’ultime saveur de son noyau. Comment elle éclaterait cette noix si le sujet est enfermé, si le sujet est dans la noix. C’est donc de l’homme sujet qu’il est question, l’homme sujet des mots.

La plupart du temps, nous sommes dépassés par ce que nous disons. N’allez pas demander à un homme de se regarder en train de marcher, il tomberait. Valère NOVARINA n’échappe pas à la règle mais il l’utilise un peu comme un joueur de billes dans une cour de récréation.

Il ne faut pas croire que toutes les billes parce qu’elles se rencontrent, se comprennent entre elles. L’espace d’incompréhension qui subsiste entre elles, est celui-là même qui permet leur mouvement. Si nous nous comprenions tous, nous serions semblables, nous nous ennuierions, et ce serait la pire des calamités.

L’enfant au milieu de son sac de billes récrée le monde à son intention. S’il allait à la rencontre de l’homme écrivain, dirait-il

« Je vais parler à l’homme épouvantail ». Il pourrait le dire, parce que pour lui, un épouvantail, c’est très beau. Et puis les épouvantails ne font peur qu’aux oiseaux, alors !

Imaginons alors, un épouvantail, un livre totem, un livre sorcier qui s’amuserait à recycler toutes les paroles entendues qui l’ont traversé. Vous seriez étonné du résultat, cela pourrait donner par exemple un livre totem comme la chair de l’homme de Valère NOVARINA ou même son adaptation par le comédien ludion Marc Henri LAMANDE.

Et pourquoi pas ? A la cour de récréation du Théâtre du Lucernaire, au Théâtre Rouge, il y a en ce moment, un drôle de bonhomme habité par une fontaine de mots qui passent par tous les orifices de sa chair, qui bourdonnent, discutent, se bousculent comme des abeilles.

C’est un homme arbre de mots, qui secoue ses feuilles avec allégresse, jovialité même, mais sans affèterie, normalement parce que les mots font partie de sa peau, que grâce à eux, il peut dégainer son souffle de différentes façons, dans plusieurs directions. Comment ils viennent, comment ils sortent de son corps, c’est un mystère, Marc-Henri LAMANDE est un virtuose, son corps est un instrument de musique et les mots configurent la partition qu’il interprète.

Dans le fond, il faut se laisser emporter, glisser dans les motifs de paroles qui jouent de leurs déconvenues, qui éclatent comme des bulles de savon à la lueur de son souffleur qui pour l’occasion a adopté le visage de Pierrot de la Lune.

En veilleuse, mais très présents sur la scène, les musiciens Marc ROQUES (clavier, électronique), Louise CHIRIQUIAN (au violoncelle acoustique) deviennent les pressentis musicaux tel un refuge pour les mots après le silence.

L’arbre homme, fontaine de mots, dit et ne dit pas, il explore nos cavités intruses. Cher NOVARINA !

Paris, le 7 Octobre 2012                         Evelyne Trân

 

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