ZIO VANJA (ONCLE VANIA) de TCHEKOV Création pour le Festival TEATRO A CORTE – DRUENTO : Centro internazionale del Calvalllo

Quelques journalistes français viennent de vivre une expérience étonnante : assister à une représentation de l’ONCLE VANIA en italien,  mise en scène par le jeune metteur en scène Emiliano BRONZINO.

Connaisseurs de l’œuvre de Tchekhov mais peu familiarisés avec la langue de Dante, ils ont eu la sensation d’avoir été pris en quelque sorte en otage par les personnages, comme dans une pièce de Pirandello.

 Le public est accueilli sous la tonnelle du jardin où vont et viennent, en plein émoi, les membres d’une famille déchirée qui déballent leur mal être, leurs affaires de cœur, leur vie en somme.  Les spectateurs ont la sensation d’être témoins malgré eux  d’un drame qui aurait pu se produire aussi bien, hier, sous cette tonnelle.

 Cette proximité voulue avec le public rentre dans les exigences du metteur en scène et est sans doute une des clés de l’incroyable présence des personnages de Tchekhov qui s‘expriment avec une telle véhémence qu’à défaut de connaitre leur langue, les spectateurs peuvent lire sur leurs visages, leurs gestes, et les intonations de leurs voix.

 Nous savons que l’onde de choc c’est l’arrivée de la belle Elena dont la beauté réveille les désirs d’individus confinés dans la résignation, les habitudes. L’amour, sa tentation agit comme une boite de pandore. Tous les personnages croient pouvoir attendre de l’amour, leur prochaine libération, mais retournent les uns après les autres dans leur prison. Au moins auront-ils tenté l’aventure à bout portant.

 Dans cette pièce tragi-comique Tchekhov peint de façon ironique des individus qui recherchent en vain un sens à leur  existence. La plupart des personnages invoquent leurs rêves, leurs idéaux mais paraissent toujours repoussés dans leurs élans. Les pieds sur terre et le cœur dans les nuages, ils se cassent la gueule contre des murs .Mais, voilà Tchekhov leur donne la parole et c’est  un bonheur de les voir s’animer aussi vivaces que des chimères.  La palette des sentiments sous le nuancier de Tchekhov est si riche et si bien rendue par les comédiens ! Un simple détour sur le visage d’Eléna, illuminé par la passion, peut donner l’impression d’avoir franchi une source.

 Tchekhov en italien, en russe, en français … C’est tout de même formidable de penser que ses personnages n’ont pas de frontière.

Ce n’est donc pas un hasard si nous avons pu découvrir cette remarquable création d’ampleur internationale, dans le cadre du Festival TEATRO A CORTE sous  l’égide de la Fondation du Théâtre Piémontais Européen . Bravissimo  !

Paris, le 14 Juillet 2012               Evelyne Trân

 

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