LA CONVERSATION DE BOLZANO (une aventure de Casanova) De Sàndor Màrai au Théâtre de l’Atalante – 10 Place Charles Dullin 75018 PARIS – Adaptation scénique Jean-Marie Galey et Jean-Louis Thamin. Mise en scène Jean-Louis Thamin

  DATE ET HORAIRES A partir du 30 Mars 2012 Lundi, mercredi, vendredi à 20h30 Jeudi, Samedi à 19h  les dimanches à 17h

 DISTRIBUTION Jean-Marie Galey, Teresa Ovidio et Hervé Van der Meulen

La conversation de Bolzano, est une pièce de théâtre adaptée du roman de Sàndor Màrai, un écrivain Hongrois, aussi connu que Stefan Zweig. Cette pièce s’articule comme une courte nouvelle, une sorte de flash quelque peu foudroyant, tel un éclair d’orage, qui relate un épisode la vie Casanova, cet aventurier, mémorialiste notamment de ses aventures amoureuses.

 Le spectacle produit le même effet qu’une coupe de champagne qui vient d’être bue à l’improviste et qui procure juste un peu d’ivresse par surprise.

 Il y est question d’amour bien entendu, de l’amour qui serait contenu dans une coupe si belle que l’idée d’y tremper les lèvres suffit à étourdir l’âme. Cette belle coupe c’est  Francesca qui pétille de jeunesse et qui rend jaloux son propriétaire le Compte de Parme, grand seigneur, très âgé. Mais nous savons bien, nous spectateurs, qu’une femme n’est pas un objet, qu’il ne suffit pas d’épouser, pour ainsi dire acheter une femme pour s’en faire aimer. Avec dépit, le Compte découvre que Francesca est amoureuse de Casanova, un homme, à l’opposé de ses valeurs, aventurier, frivole et désargenté.

 A vrai dire, ce n’est pas tant les positions sociales des protagonistes qui jouent le rôle de ferment. Au-delà de l’amour, il  est question dans cette œuvre, de solitudes comme de branches d’un même arbre qui se pencheraient les unes vers les autres sans jamais se toucher mais qui boiraient à l’unisson dans la même ombre. L’amour s’échappe comme la vie qui se rassasierait d’illusions.

 Chacun des personnages se cherche à travers l’autre, sans retour avec une certaine tristesse. L’exercice du monologue pourtant agit comme un révélateur. C’est en parlant que les personnages vont se découvrir l’un à l’autre. Il est aussi question de masques, de déguisements et de bal costumé. Masque mortel, masque magique, celui qui colle à la peau, celui que l’on arrache ou celui qui ne sert plus à rien. Tous les personnages en portent un, visible ou invisible, mais le masque agit aussi comme un parchemin où chacun écrit son histoire et Casanova est le seul à ne pas vouloir lire, à essuyer une page blanche  pour demeurer flottant, libre, vivant.

 Bien davantage que Francesca, personnage entier et altier, c’est Casanova qui fait figure d’objet de désir, ou d’instrument. Parce qu’il parait superficiel, velléitaire, le Comte de Parme et Francesca, tous deux fort déterminés croient pouvoir l’utiliser. Du coup, le personnage attire la compassion et l’on découvre au fur et à mesure de la pièce, une étoffe hypersensible.

 Le comédien Jean Marie Galey sait exprimer les aigus et les plaintes qui affleurent le personnage avec un zeste de fantaisie et d’émotion presque féminine, féminin au sens de celui qui ne bruit pas, qui imagine, qui écoute. L’on entend les flammes crépiter autour de  Térésa Ovidio, sous le flux de la passion et Herve Van der Meulen est parfait en Comte subverti par la jalousie.

 La mise en scène inspirée, aussi attentionnée dans l’ombre que dans la clarté, est tout imprégnée du texte passionnant de Sàndar Màrai qui brûle à petits feux. Un spectacle à déguster, les yeux tournés vers … l’amour !

 Paris, le 9 Avril 2012                            Evelyne Trân              

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