DRACULA MON HISTOIRE …au Théâtre de la Huchette 23 rue de la Huchette 75005 PARIS

De Alan Commitie et Gaetan Schmid, d’après l’œuvre de Bram Stoker

Conférence sur l’état du vampirisme au 21ème siècle  DATE ET HORAIRES : A partir du 2 avril 2012  du lundi au samedi 21h

DISTRIBUTION : adaptation et mise en scène : Nathalie Juvet
avec : Adriano Sinivia, Bernard Gabay

P.S Adriano Sinivia, Bernard Gabay sont les invités de « DEUX SOUS DE SCENE » sur l’antenne de Radio Libertaire 89.4, Samedi 21 AVRIL 2012 de 15 H à 17 H.  

  Il faut quand même le dire, Dracula a vu le jour ou la nuit à une époque où les écrivains pouvaient laisser libre cours à leur imagination de façon artisanale en compulsant leurs grimoires, leur environnement et en voyageant aussi beaucoup. Parfois les auteurs sont supplantés par les personnages qu’ils ont imaginés, de sorte que l’on se souvient bien davantage de Dracula que de son géniteur un certain Bram Stoker contemporain d’un individu très louche qui défraya la chronique à Londres, un certain Jack l’éventreur. Dracula vampirisa à ses débuts, le cinéma puisqu’il contraint le cinéaste MURNAU, en 1922 à raconter son histoire sulfureuse dans NOSFERATU. Son esprit délétère ou maléfique inspira également Roman Polanski dans le Bal des vampires et Werner Herzog dans des films époustouflants.

 Il manquait cependant à DRACULA une incarnation de visu, celle que nous offre de façon instantanée une représentation théâtrale. Pour convaincre de  son existence un public de plus en plus large, Dracula a guidé la plume de deux auteurs sud-africains très  humoristiques Alan Committie et Gaétan Schmid et nous devons à  Nathalie  JUVET l’adaptation théâtrale de cette pièce qui se joue actuellement au théâtre de la Huchette en  pleine campagne électorale.

De la même façon que Dieu préfère laisser parler ses disciples à sa place, Dracula qui fait davantage référence au diable, ne se présente que par l’intermédiaire de ses valets qui déploient tous leurs efforts pour apologiser leur maître. Le résultat est catastrophique. En effet, nous croyions Dracula capable de terroriser les spectateurs, en les faisant hurler de frayeur. Hélas, ses deux domestiques ne réussissent qu’à  nous faire sangloter de rire. Il s’avère que l’un est analphabète et n’est capable que de mimer quelques bribes de son histoire, quand à l’autre qui voudrait revêtir l’aspect de Dracula lui-même, s’emmêle les pinceaux. Nous étions venus pour écouter une conférence sur le vampirisme, mais les vampires que nous avons devant nous sont anémiés, ils ne tiennent pas debout et nous les soupçonnons de faire diversion au milieu du public pendant que Dracula invisible mais bien présent serait en train de guetter sa future proie. Oui ces vampires, Adriano Sinivia et Bernard Gahey sont des imposteurs, des créatures malfaisantes et pitoyables qui ne disposent plus que d’accessoires obsolètes, crucifix, gousses d’ails, ou manche à balai et boite à musique,  oubliant entre leurs mains tout leur pouvoir horrifique.

 Très souvent les maîtres ont de mauvais serviteurs, Dracula n’échappe pas à la règle. Ces deux zigottos réussissent quand même à nous mettre l’eau à la bouche en nous racontant l’aventure de la belle fiancée du notaire, victime de Dracula et nous avons droit à un sursaut d’angoisse lorsqu’ils choisissent parmi le public une jeune femme pour la représenter.

 Hormis cet épisode, ces deux imbéciles qui ne savent pas lire, s’évertuent avec moult fanfaronnades à incarner quelques personnages du roman de Dracula, faisant davantage appel à l’imagination du public qu’à leur talent. Des pitres, des clowns, des baudruches, des monstres dégonflés, et peut être des âmes damnées que Dracula nous a envoyées dans l’espoir de titiller notre curiosité, sans nous asperger d’eau bénite. Nous avons compris qu’il se cachait derrière ses pâles acolytes, lesquels avant de devenir vampires étaient des humains.

Ce n’est pas tout à fait une espèce en voie de disparition. Des suceurs de sang  qui ont le toupet de se déclarer comme tels, il n’y a pas de meilleure façon de les étudier que d’assister à leur exhibition au Théâtre de la Huchette. Il y a un risque celui de se faire vampiriser à son tour, mais c’est pour la bonne cause, C’est le rôle des spectateurs de donner le change, ne serait-ce que pour délier le vrai du faux. Erudits et naïfs à vos marques, Dracula est de retour !

A défaut de grincer des dents, vous vous tordrez de rire et en cette époque de crise de foi, ça fait un bien fou !

 Paris, le 15 Avril 2012                            Evelyne Trân.

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