DIVORCER TUE de Christian Morel de Sarcus au Théâtre de l’Ile Saint-Louis Paul Rey

Mis en scène par Christian Morel de Sarcus, assisté d’Antoinette Guédy, avec Christian Morel de Sarcus et Antoinette Guédy

Prochaines dates :  mercredi 29 février à 21h, jeudi 1er mars à 21 h, vendredi 2 mars, samedi 3 mars, jeudi 8 mars, vendredi 9 mars, samedi 10 mars à 21h et dimanche 11 mars à 17h30.
Théâtre de l’Ile Saint-Louis, 39 quai d’Anjou, 75004 Paris ; réservations : 01 46 33 48 65 et http://www.billetreduc.com

Le Théâtre de l’Ile Saint-Louis pourrait tenir dans le creux d’une main comme la pantoufle de verre de Cendrillon ou la botte de sept lieues du Petit Poucet. Il est aussi irrésistible que ces images d’Epinal, peintes et repeintes à la main par nos arrières grand-mères. Ce théâtre  de contes de fées accueille pour quelques représentations à l’envers du décor, une  fable de Christian Morel de Sarcus, sur le divorce.

 Si nous avions affaire à une diseuse de bonne aventure, nous lui tendrions la main, afin qu’elle lise à travers ses lignes, les points forts de notre destinée. Sur la ligne de cœur, souvent stressée, disons que le divorce amorce une dérivation vers une autre ligne, celle à laquelle reste suspendu en points de suspension, l’écrivain qui la parcourt en paroles, en rêve, en folie, pour mieux la cibler.

 Divorcer cela signifie tout simplement couper les liens du mariage, C’est du domaine des institutions et des cultures parce qu’il y a plusieurs espèces de plantes parmi les humains. Toutes ne parlent pas de divorce. Et pourtant, nous savons que la guerre des sexes existe aussi chez nos confrères, les animaux, pour avoir observé combien les mâles pouvaient s’entretuer pour une femelle. Si poursuivons l’analogie avec les plantes, demandons-nous si nous avons poussé au milieu des artichauts, des cactus, des orties blanches, des coquelicots, des marguerites ou même des chardons. Ridicule n’est-ce pas ? Sauf que cela permet de relativiser nos peines de cœur. Et puis cela nous fait basculer une fois de plus dans les contes de fées quand médusés, nous voyions sortir des serpents ou des rubis de la bouche de deux fillettes.

 Difficile de définir ce qui sort de la bouche des deux personnages de « Divorce tue »L’un prétend avoir tué sa femme, l’autre endure son discours, comme une femme assagie, qui ne s’émeut plus de grand-chose. Il s’agit d’une posture qui tombe à pic pour mettre en valeur la confession d’un homme, victime virulente de l’imposture des institutions humaines, le mariage et donc son corollaire, le divorce.

 Christian Morel de Sarcus dans le rôle de l’homme blessé, fait penser au Garcin du « Huis clos » de Sartre. Il résume à lui seul cette phrase merveilleuse « L’enfer, c’est les autres ». La mise en scène, un brin machiste, ne fait pas la part belle à la maîtresse, une ancienne diva dont on n’aperçoit que la chevelure, le dos tourné sur un violent fauteuil en velours rouge.

 Antoinette GUEDY, cependant, sauve la face grâce à l’humour qui perle à travers sa voix. Du coup elle ravive l’idée que même fanée, une femme a des épaules et pourrait bien sauver la face de l’homme. « La femme est l’avenir de l’homme » disait Aragon. Cela s’entend. Cette vision contrastée des relations  homme-femme justifie alors la quête d’un homme qui érige en idéal juste un peu de sentiment dans les affaires humaines.

 Il est évident que l’auteur ne s’enrichit pas du peu mais du plus, à la sueur de sa plume trempée dans le joli encrier du Théâtre de l’ile Saint Louis. Il s’agit d’un étrange spectacle que tous les amateurs de curiosités, nostalgiques des duels romantiques apprécieront. Sauf qu’ici le héros, pourrait sans frémir, revendiquer le titre de » l’homme aux camélias ». Un homme est aussi sensible  qu’une femme. La dame aux camélias n’a-t-elle pas été écrite par un homme ? Ceci dit, le thème du divorce est résolument moderne et antique. Si vous ne voyez pas sur les quais de Seine, un bateau nommé divorce, vous en trouverez sûrement un avec l’inscription vaporeuse, à l’encre de la mer «Oh temps suspend ton vol !»  

 

Paris, le 11 Février 2012

 

Evelyne Trân

 

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2 commentaires sur “DIVORCER TUE de Christian Morel de Sarcus au Théâtre de l’Ile Saint-Louis Paul Rey

  1. On a envie d’aller découvrir ce petit théâtre caché dans un lieu si charmant de Paris et qui fait rêver : l’Ile Saint Louis. Est-ce qu’il ressemble au petit théâtre de papier mâché de la Reine Marie Antoinette que j’ai eu la chance de visiter ?
    Pour revenir à la pièce de théâtre dont vous parlez, oui le divorce est bien une calamité de nos jours, divorces et ruptures. Il faut d’abord affronter la rupture, ce couperet monstrueux qui tranche le lien amoureux et le détruit, le deuil de la relation, et puis en plus le coté légale de la chose. Difficile donc de relativiser tout ceci. Et la plupart du temps les conjoints se déchirent atrocement et effectivement ce sont des serpents venimeux invisibles qui s’échappent de leurs bouches et plus du tout les rubis d’amour en forme de cœur dont nous allons être abreuvés le 14 février pour la Saint Valentin !
    La femme est l’avenir de l’homme. Pourquoi enfermer les hommes et les femmes dans des concepts préétablis ? En réalité tous les hommes et toutes les femmes recherchent un peu de sentiment, sont également sensibles et romantiques à leur manière. Et hommes ou femmes sont également victimes du système. Système légal mais surtout l’automatisme des culpabilités, colères, rejets, revendications, partage des biens et des enfants.
    Tout cela parce que nous sommes censés aimer le même être toute notre vie ! C’est sans doute un challenge impossible à tenir pour la plupart d’entre nous, vu la nature humaine qui n’est pas patiente. Le mariage nécessite beaucoup de patience comme le fait d’avoir des enfants.
    O temps suspend ton vol ?? En ce qui concerne les sentiments, l’amour, les émotions, le temps est immortel et infini, et a toujours suspendu son vol. Les chagrins d’amour ont toujours existé de la Rome antique à de nos jours.
    Happy Saint Valentine !!

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