UNE RONDE MILITANTE, une comédie politique de Jacques JOUET, mise en scène par Gérard LORCY au Vent se lève – 181 Av Jean Jaurès 75019 PARIS

A 20 H 30  par la Compagnie ô Fantômes Avec : Jehanne Carillon, Francis Coulaud, François Decayeux,
Nora Gambet, Christian Jéhanin, Sylvie Jobert.

Scénographie et costumes : Robin Chemin
Lumières et régie générale : Jeff Palusrek        Durée : 1h30 environ

 Les 20, 21, 22/27, 28, 29 OCTOBRE 2011 à 20 H 30

 Le sujet est particulièrement ambitieux : retracer à travers sept scènes de vie des années cinquante à nos jours soit six décennies et plusieurs générations, une histoire du militantisme français marqué par l’idéal communiste.

La pièce a été écrite à partir des témoignages recueillis auprès de militants syndicaux, politiques ou associatifs la plupart retraités du bassin creillois.

A travers cette chaine humaine, ce tableau qui en l’espèce pourrait  avoir l’air d’une vieille toile décrochée laissant apparaitre un pan de mur prêt  à être abattu ou ravalé, ce qui attire l’attention ce sont les vieux crochets ou la corde qui continue à battre des ailes sur la surface de la peinture devenue aussi obsolète qu’une image de Lénine en patriarche de la Révolution Russe.

 La pièce a beau commencer après guerre, il est impossible de parler de communisme sans se référer à la Commune, à Marx, à Lénine, au colonialisme, à l’Internationale, au S.F.I.O, au  Front populaire,  etc…  Que les bottes des valeurs de gauche soient trop étroites ou trop larges ou percées, il faut croire qu’elles ont jalonné de nombreuses routes et que ceux qui veulent prendre modèle sur elles, savent tout simplement qu’ils doivent se garder de tout esprit de nostalgie pour aller de l’avant.

Faut-il penser que les militants de gauche font partie d’une église qui cache en son sein un dieu qui s’appellerait Lénine ? La politique n’est pas seulement un mot, c’est une réalité, tout un chacun fait partie de la société. Etymologiquement, la politique, c’est la vie de la cité. Au-delà des dogmes, des théories, de la science,  il est passionnant d’écouter ce qui découle de voix anonymes d’individus qui ont voulu être acteurs plutôt que de subir leurs conditions de travailleurs. Mais le sentiment communautaire ne suffit pas, il manque le loup dans la bergerie.

L’histoire, leur histoire puisqu’ils sont capables de se remettre en question, ces gens de gauche, devient une  farce cynique qu’ils peuvent exposer par l’entremise de deux scènes,  celle où leur propre élu au pouvoir exprime qu’il est bâillonné et celle où le vieux militant est étouffé par sa propre petite fille.

Nous assistons à de véritables petits psychodrames qui mettent en lumière les blessures, les déceptions, et aussi les espoirs, l’énergie à travers plusieurs couches d’individus, secrétaire de cellule, permanent syndical, couple communiste, ministre, jeune fille, et le fantôme de Kroupskaïa, la veuve de Lénine, interprété de façon très réjouissante et vivante par Sylvie Jobert.

La direction des comédiens est généreuse et les acteurs si convaincants qu’on oublierait qu’ils sont en train de jouer.

  Les représentations sont suivies de débats aves les spectateurs en présence de témoins, ce qui permet de poursuivre la ronde qui souhaite s’enrichir des réactions du public et qui donc reste ouverte.

 L’auteur a indiqué qu’il travaillait à un roman. Voilà une bonne idée, pour exprimer toutes ces voix, raconter leur mouvement, et comprendre que même si certaines se sont tues, elles ont une source commune qui alimentent et obligent une certaine raison d’être en société en tant qu’individus, à paroles et visages humains.

  Est-ce utopiste de penser que nous sommes loin à travers la perspective de l’auteur, du cliché d’un communisme dictateur, le couteau entre les dents. Ce qui fait du bien, c’est d’écouter pour une fois, au lieu des représentants du peuple toujours sanglés dans leurs belles phrases, ou même les intellectuels trop pointus, ceux qui travaillent derrière, qu’on ne voit pas, et qui peuvent en dire long parce qu’ils n’ont pas d’autre ambition que de donner un sens à leur vie. Une histoire d’apprendre à vivre autrement qu’entre le marteau et l’enclume, voilà et c’est pas fini…

 Paris, le 14 Octobre 2011

Evelyne Trân

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