LA PAPESSE AMERICAINE avec Nathalie Mann au Théâtre de l’Essaïon

D’après le pamphlet d’Esther Vilar – Adaptation de Robert Poudérou – Mise en scène de Thierry Harcourt

 En 2040 une femme est  élue Pape et fait son discours d’intronisation à la télévision. Il n’y a plus de Vatican, elle est sponsorisée, coupée par des pubs et  elle  nous propose sa révolution !

Du 22 Septembre 2011
au 14 Janvier 2012
Jeudi, vendredi, samedi à 20h

  P.S. Nathalie MANN  était l’invitée de l’émission “Deux sous de scène” du samedi 8 Octobre 2011 que vous pouvez écouter et télécharger pendant une semaine sur le site de Radio Libertaire (grille des émissions).

Il faut saluer la naissance de la Papesse américaine, avec un peu de retard certes, puisqu’elle est née en 1982 d’une façon tout à fait virginale, dans les limbes d’une écrivaine allemande Esther Vilar. Cela résonne d’une façon un peu péjorative, le mot papesse ça rime aussi bien avec fesse qu’avec prêtresse. Il est étrange de voir comment la féminisation de noms voués durant des siècles au genre masculin, a du mal à être prise au sérieux.

 Et pourtant il existe ce mot papesse mais il est inutile d’aller vérifier dans le dictionnaire, il vaut mieux aller à la rencontre de celle qui l’incarne, Nathalie Mann au Théâtre de l’Essaïon.  Enfin vous pourrez dire, oui elle existe, je l’ai vue, c’est une femme et elle parle bien !

 En plus, elle est maligne, elle explique à son auditoire avec rouerie et perspicacité comment en tirant les marrons de ces feus prédécesseurs, elle jouera son rôle de papesse.

 Dans cette gigantesque toile d’araignée où la chrétienté a vu le jour, la figure du christ parait indissoluble. On pourrait dire que la papesse est fille de…, fille de toutes ces femmes qui durant des siècles ont vécu dans un monde conjugué au masculin.

 Comme elle est cruelle, la mise en scène d’aujourd’hui ! Pour annoncer à ses compatriotes qu’elle veut faire le bien, qu’elle est prête  à donner sa vie à un idéal de justice et d’amour sur terre, la papesse ne peut pas faire l’impasse des sponsors qui l’installent sur le trône. Alors, elle devient la mère Ubu, en plus élégante, endossant la robe d’une mante religieuse ou de la reine des abeilles qui tire le miel des confidences et des désirs de soumission de ses idolâtres.

 Comment il aurait été le Dieu inventé par les femmes ? Voilà une question piège. N’oublions pas que le pape est le représentant de Dieu sur terre. Alors, d’où sort-elle cette papesse ? D’une papauté en ruines, d’une religion-fiction intersidérale ? Il faut pincer les cordes de toutes les croyances humaines, il faut tenir compte des rêves obscurs et timides des  humains, apprivoiser leur diversité, leurs contradictions, en somme c’est de la politique que le doigté féminin peut fort bien s’approprier.

 Toutes âmes confondues, auteure, adaptateur, metteur en scène  et interprète font de ce spectacle un appel d’air, où peuvent s’engouffrer les doutes, les interrogations, les révoltes aussi bien des athées que des chrétiens.

 Croyez-moi, pour une fois, vous n’aurez pas le temps de vous endormir pendant l’homélie, comme à la messe ou à un débat politique, tant il est vrai que cette papesse a de l’énergie à revendre pour faire palpiter ses électeurs futurs et à venir, en votre âme et conscience, chers spectateurs !

 Paris, le 8 Octobre 2011               Evelyne Trân

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s