La femme qui frappe de Victor Haïm au Ciné 13 Théâtre avec Marianne Soumoy. Mise en scène de l’auteur

Du 7 Septembre au 16 Octobre 2011

Du mercredi au samedi à 21 H 30 et le dimanche à 15 H 30

 P.S. Monsieur Victor HAIM  était l’invité de l’émission “Deux sous de scène” du samedi 10 Septembre 2011 que vous pouvez écouter et télécharger pendant une semaine sur le site de Radio Libertaire (grille des émissions).

Si nous allions au théâtre comme si nous allions chez le coiffeur ou bien chez le photographe avec l’idée qu’à la sortie, nous pourrons trimballer une plus jolie image de nous-mêmes avec un sourire béat de satisfaction, qui pourrait nous le reprocher ?

La vérité c’est que nous attendons toujours quelque chose de celui ou celle qui va nous tirer le portrait. En l’occurrence au théâtre, nous attendons beaucoup des auteurs qui ont un rôle à tenir aussi bien qu’un boucher ou un contrôleur des impôts. La vie n’est-elle pas une comédie où chacun peut rougir d’avoir un rôle pour subvenir à ses besoins, en rêvant d’être utile. Un pavé dans la mare ? Pas du tout, parce que le théâtre c’est pas de la télévision, c’est du direct, cela se passe au présent, là, maintenant, sous le joug d’une injonction : « Mesdames, Messieurs les spectateurs, éteignez vos portables ! « 

Pas besoin d’être pervers, voyeurs ou bien dans votre peau, pour pressentir que vous allez assister à l’agonie d’une dactylo dans les arènes d’Arles, car les fantômes de Spartacus, Sainte Geneviève ou Antigone, sont venus assister à la corrida. C’est une question de vie ou de mort, ce genre de chose qui vous tient en haleine, un thriller, un film d’épouvante, où finalement il importe peu de savoir qui du taureau qui du toréador va baigner dans son sang.

En résumé, il s’agit d’une dactylo qui pète les plombs parce qu’elle est aux ordres d’un employeur, un écrivain atteint d’une maladie mentale, la logorrhée. Mais qui est fou, qui ne l’est pas ? Un écrivain n’est-il pas libre d’écrire ce qui lui passe par la tête ? Et dans l’absolu, une dactylo peut très bien perdre la sienne. Maintenant cherchez la correspondance ! Si la vie ne tient qu’à un fil, imaginez que vous le subjuguiez ce fil, que vous le grossissiez et qu’il devienne aussi élémentaire que la réponse du commissaire Souplex, alias BOURREL, dans les cinq dernières minutes : «Bon dieu ! Mais c’est bien sûr ! »

Pendant une heure, vous assistez au déballage des états d’âmes d’une pauvre secrétaire, à la ramasse, engloutie par un déluge de papiers qui envahissent son studio. Vous flairez le psychopathe au bout du téléphone et enfin, si vous ne l’avez pas encore remarqué,  vous découvrez qu’il y a un mort avec des grands pieds qui dépassent d’un lit, au coin de la scène. Bon dieu, mais c’est bien sûr, lui le sujet de la pièce, ce cadavre en train de se décomposer sous les pschit d’une bombe aérosol. « Je vous présente votre facture » pourrait dire la dactylo à l’écrivain, hors de lui, qui vient de défoncer sa porte.

 Maintenant si l’écrivain veut continuer à jouer le croquemitaine et la secrétaire le Chaperon rouge, ça les regarde. Que chacun tire les fils de son partenaire, employé, employeur, esclave, victime ou tortionnaire. Avant qu’il ne se décompose pour de bon, ce mort, gageons que le sang versé par la dactylo et l’écrivain sera bu jusqu’à la lie, c’est la vie !

 La femme qui frappe, c’est une pièce qui sent le vinaigre et pas de la petite vinaigrette. La vapeur qui se dégage de la cocotte minute est de nature à faire confondre les larmes avec la sueur.

La comédienne Marianne Soumoy est épatante, elle illustre avec adresse, la pauvre virgule qui se balance entre deux fils celui du scribouillard et celui du mort qui ronronne en paix.

Cette tendresse rouge de sentiments qui dépasse les bornes, voilà du Victor Haïm tout craché, comment sortir indemnes d’un tel spectacle !

 

Paris, le 10 Septembre 2011

      Evelyne Trân

Un commentaire sur “La femme qui frappe de Victor Haïm au Ciné 13 Théâtre avec Marianne Soumoy. Mise en scène de l’auteur

  1. Votre texte donne certes envie de voir cette pièce mais rien que de vous lire, on se trempe déjà dans un autre monde, on imagine l’univers de la secrétaire, un univers caustique .. Vous écrivez bien, les mots deviennent eux mêmes des personnages qui nous font rêver, qui jouent la farambole sur une scène de theatre.

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