Olga ma vache d’après Roland Dubillard, musique Erik Satie au Théâtre du Lucernaire du 31 Août au 29 Octobre 2011 avec Patrick Coulais

Mise en scène de Patrick Coulais et Maryvonne Schiltz, Violon Jean Leber, Lumière Jean-Jacques LEMAISTRE  A partir du 31 Août jusqu’au 29 Octobre 2011 du mardi au samedi, à 19 Heures

 Dans l’écrin des affabulations poétiques de Roland Dubillard, « Olga ma vache » est un joujou, une sorte de yoyo ou amuse-rêves que dévide pour ses plaisirs solitaires, un enfant-roi.

 Quel exercice difficile que celui du monologue ! Il arrive parfois que les poètes oublient que leurs auditeurs peuvent être aussi simples que des vaches qui ont l’air de brouter l’herbe, sans sourciller. Dans le spectacle auquel nous convie Patrick Coulais et son équipe, les spectateurs pourraient bien se ranger derrière Madame Olga, la vache, par solidarité pour ce ruminant malmené, il faut bien le dire par un homme qui ne cesse de vouloir passer sa tête  à travers un œil de bœuf.

 Comment ne pas se transporter sur un tableau de Chagall où vache, âne et homme échangent leurs masques en trinquant avec la lune ? Il suffirait de tapoter sur l’épaule du violoniste,l’émouvant Jean Leber pour le remercier de son aumône musicale,  bienvenue.

 Sans doute, faudrait-il que le narrateur d’une histoire d’amour impossible entre X et Y, officie la rencontre entre une vache commune et celle de ses rêves. Boire dans l’eau du masque pour l’écouter transpirer et ne pas confondre le bruit de la vache qui traverse un courant, avec ses propres atermoiements.

 C’est très drôle cette histoire de vache qui dégringole dans l’escalier. Mais, il s’agit d’un film où se bousculent tant d’images insolubles que l’auditeur se retrouve parfois à la porte, confus et pantois, espérant son ouverture improbable par la vache elle-même.

 En amoureux transi, Patrick Coulais donne des lueurs tragiques à son personnage qui tente de noyer dans notre perception de la réalité, ses baguettes de rêves. Les paroles qu’il laisse courir sur son fuseau onirique ont des sonorités comiques, de la même nature que des bruits de basse cour. Mais faîtes entendre quelques sonates d’Erik Satie à une vache et songez combien ce sortilège serait profitable à la saveur de votre steak !

 Roland Dubillard ne dit pas n’importe quoi, c’est un cascadeur qui sait fort bien que les mots réalité et rêve jouent le rôle de fourches de nos fantasmes .C’est pour rire qu’il regarde en sanglotant les cornes d’Olga la vache, danser au clair de lune.

 Au début et à la fin du tableau, les spectateurs aperçoivent un dormeur sur un divan en train de pioncer en ronflant. Entre temps, nous assistons aux fulgurances de ses rixes avec son fantasme, Olga. La scène baigne dans une obscurité plutôt pesante qui nous fait espérer que la nuit suivante, au prochain clair de lune, le narrateur et le violoniste rêveront davantage en couleurs.

 Ce spectacle est destiné aux rêveurs impénitents, et aux futurs alchimistes qui ne tricheront pas avec nos émotions. Dites : « Moi aussi, je peux entendre parler une vache » Avec  l’Imagination pour reine, ou pour roi avec Dubillard, tout est possible. Vache qui rêve, eh oui, ça se passe  au Lucernaire dans la salle du Paradis. Des saltimbanques exposent une toile inspirée de Chagall, Magritte ou Léonard Vinci. Mais c’est plus rare encore, imaginez une vache exposée comme la Joconde, c’est unique !

 Paris, le 3  Septembre 2011

  Evelyne Trân

 

 

 

 

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