CONTE pour Rue des Poètes

  JMB lit Eve Trân “un conte” 1mn 46(1) Radio Libertaire, émission « Deux sous de scène »

Un poème gisait dans un vieux tiroir, enseveli sous une forêt de papiers. Mais un jour, par un gracieux clair de lune, l’âme du vieux tiroir, chatouillée, lut le poème et le trouva tendre et têtu. Aussitôt, le poème se réveilla, aussi vif qu’un nouveau né.

Il dit au tiroir :  

– Je veux sortir 

 Et le tiroir aussi attendri qu’une mère poule, répondit : 

 –  Tu ne peux pas sortir tout nu, attends, je vais te donner un peu de chair de hêtre dont je suis issu, vois-tu. Et crois moi, j’en ai vu de toutes les couleurs à l’époque où je dessinais mes branches au-dessus du Canal du Midi. 

Alors le poème devint arbre pour faire plaisir au vieux tiroir. Il a poussé sur une vieille planche. Qui l’eût cru ? Ne laissez jamais dormir un papier au fond d’un vieux tiroir, ils pourraient faire l’amour et donner naissance à un arbre, un arbre qui s’appellerait poème et traverserait la toiture de votre maison. Adieu charpente ! Bonjour le ciel !

Evelyne Trân 

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