
Avec : Lucas Bottini, Nathalie Boutefeu, Bernadette Le Saché
Technique : en cours
Avec le soutien de l’ADAMI Déclencheur
Une production Sorcières&Cie
Sypnosis de la production
Dominique a 14 ans quand sa mère confie à Françoise Dolto le soin de « son enfant fou». Sur le plateau, nous suivons pas à pas ces échanges, laissant apparaître une enquête sensible, un dialogue tour à tour obscur, incompréhensible, poétique, puis clair, évident révélant l’histoire d’une famille profondément dysfonctionnelle dont Dominique cristallise toutes les folies.
Voilà une représentation théâtrale salutaire mise en scène par Nathalie Boutefeu que l’on peut recommander à tous ceux et toutes celles qui cherchent à comprendre sur quoi bien peut reposer le mot folie .
Evidemment le mot folie est un mot valise. N’importe qui peut être qualifié de fou dès lors qu’il échappe à notre compréhension.
L’intérêt de la démarche de Françoise Dolto, c’est d’une certaine manière se mettre au niveau de son patient, être entièrement à son écoute, sans le juger de façon à trouver le chemin d’un dialogue au départ très difficile .
Françoise Dolto a 70 ans lors de cette psychothérapie avec Dominique. Incarnée par Bernadette Le Saché, elle respire le calme et la douceur . L’intérêt qu’elle porte à Dominique permet à ce dernier de se libérer de ses défenses et de s’exprimer.
Il y a ce qu’on pourrait qualifier de délire dans les propos de Dominique. Sa pensée est désordonnée mais décèle de l’originalité et une grande sensibilité. Et effectivement au cours des séances de thérapie, on prend la mesure des noeuds indescriptibles dans la pensée du jeune patient.
Et puis, il y a des lueurs de bon sens qui s’esquissent grâce à l’écoute de Françoise Dolto . C’est une expérience aussi pour le public.
Le comédien Lucas Bottini est remarquable. Son interprétation permet de saisir « les folies langagières » de Dominique comme une langue qui lui appartient et qui a sa propre logique.
On peut dire que Françoise Dolto a représenté une lumière au bout du tunnel pour Dominique. Elle est venue au secours d’un adolescent qui risquait de sombrer dans la schizophrénie, faute d’écoute. Que les symptômes de la souffrance mentale puissent se retrouver dans la parole, cela remet en question notre propre rapport au langage commun.
Un telle représentation servie par une équipe exceptionnelle permet de souligner l’importance des psychothérapies. Qu’on se le dise, la folie n’est pas une fatalité. Guérir de la vie, pour certains.nes ce n’est pas facile, c’est voire même très difficile mais il faut penser au mieux vivre malgré tout. L’ouverture d’esprit d’une psychothérapeute telle que Françoise Dolto nous invite à l’écoute, à notre écoute.
Evelyne Trân
Le 13 Septembre 2026