
De Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety
Mis en scène par Hervé Dubourjal
Avec Moana Ferré et Hervé Dubourjal
Décors : Emmanuelle Verani
Costumes : Sandrine Weill
Lumières : Jean-Marie Prouvèze
Vidéo : Jean Allevato
Son : Abdellah Souni
Photographies : Pascal Gély
Production : Compagnie TRANSFERT
Sypnosis de la Compagnie
Freud sent sa mort proche alors que l’Europe s’effondre. À travers un dialogue tendu à l’extrême avec sa fille Anna se développe une enquête quasi-policière qui lui fait revisiter son passé et le met face à un dilemme douloureux : et s’il avait conçu le complexe d’Œdipe comme substitution à sa première théorie dans laquelle un abus sexuel réel et non un fantasme était responsable du traumatisme de ses patient(e)s ? Et s’il avait voulu par-là cacher la vraie nature de son propre père, Jakob ?

https://vimeo.com/1207327452?fl=pl&fe=cm
Freud aura t-il été hanté jusqu’à son dernier souffle par le mythe d’Oedipe à partir duquel il érigea le concept du complexe d’Œdipe ?
Comment argumenter à ce sujet ? Ce concept qui est au coeur de la psychanalyse a fait l’objet de critiques dont notamment de la part de la fille de Freud, Anne qui à l’époque où se situe la pièce est l’auteure de textes sur la psychanalyse des enfants .
La pièce s’adresse à un public qui n’est pas forcément connaisseur des théories de Freud. Cependant elle éclaire de façon bienveillante la personnalité de Freud fort bien incarné par Hervé DUBOURJAL
En mettant en scène une relation père/fille, celle de Freud avec Anne, c’est le poids des racines familiales, celles auxquelles nous n’avons guère le temps de nous appesantir dans la vie courante qui est évoqué, notamment les causes transgénérationnelles des drames humains dont la famille d’Œdipe est un exemple.
Ici, il n’y a pas d’arbre qui cache la forêt mais plutôt une arborescence de signes. Le personnage de Freud dans la pièce est présenté dans sa dimension humaine bien éloignée de l’image d’un savant dans sa bulle. On peut comprendre que ses recherches ont été aussi guidées par ses propres « névroses » et son histoire familiale.
Etrange ce magnifique cheval qui apparait sur l’écran en fond de scène avant la représentation, signifierait-il le coeur battant de Freud dans son dernier combat. Vient ensuite la scène d’un immeuble qui s’effondre et il suffit d’un doigt virtuel pour revisualiser la scène à l’envers…
Les discussions entre Freud et sa fille sont vives et instructives. Plane le sentiment de la mort de Freud mais l’idée qu’il avait encore l’esprit absorbé par Œdipe avant de s’éteindre peut nous faire sourire.
Moana Ferré campe avec beaucoup de présence le personnage d’Anne.
Belle idée des auteurs Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety de rendre hommage à ce couple improbable que représente Freud et Anne, se faisant l’écho aussi bien de leur fusion que de leurs travaux respectifs. Un spectacle captivant où la douceur domine, même la mort de Freud passe le cap de la douleur.
Evelyne Trân
Le 12 Septembre 2026